
Cuba : « Aucun progrès » dans les discussions entre La Havane et Washington
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a déclaré lors d’une conférence de presse que les pourparlers entre Cuba et les Etats-Unis « ne montrent aucun progrès ». Les relations entre les Etats-Unis et Cuba, sous embargo depuis 1962, se sont considérablement tendues depuis le début de l’année, notamment en raison de nouvelles sanctions américaines et d’un blocus pétrolier de facto imposé à l’île depuis janvier.
La Havane met en garde contre une impasse. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, déclare qu’il n’y a « aucun progrès » dans les discussions avec les États-Unis, tout en montrant une disposition au dialogue malgré la pression exercée par Washington.
« Les négociations entre les gouvernements de Cuba et des États-Unis ne montrent aucun progrès », a souligné le ministre lors d’une conférence de presse. Néanmoins, il a réaffirmé que La Havane « reste prête au dialogue et à une solution pacifique (pour régler) les différends » avec les États-Unis.
Le ton reste strict. « Nous sommes prêts au dialogue, sans illusion, sachant que l’attitude des États-Unis et du Département d’État […] doit être analysée à l’aune des faits et des actes. Et les actes sont le siège énergétique et les mesures additionnelles du blocus », a ajouté Bruno Rodriguez. Dans ce cadre, Cuba prévoit également de porter le débat sur la scène internationale. Le ministre a annoncé avoir sollicité un débat le 7 juillet devant l’Assemblée générale des Nations Unies concernant les sanctions américaines, ce débat ne devant pas être suivi d’un vote.
« Cuba dénoncera les actions agressives du gouvernement américain à l’égard de notre pays, en particulier la menace d’une agression militaire directe », a également mentionné Bruno Rodriguez. Le ministre évoque une situation qui se dégrade rapidement : « C’est urgent car l’agression multidimensionnelle du gouvernement américain contre Cuba est déjà en cours et s’intensifie », a-t-il précisé.
Les relations entre les États-Unis et Cuba, sous embargo depuis 1962, se sont considérablement détériorées depuis le début de l’année, notamment depuis que les États-Unis ont évincé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, un allié de La Havane. Washington a instauré un blocus pétrolier de facto à l’île depuis janvier et a impose de nouvelles sanctions contre des entreprises et des responsables cubains. Les autorités américaines ont en outre inculpé l’ancien président Raul Castro dans une affaire remontant à 1996.
Le président Donald Trump considère que Cuba représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis et a plusieurs fois menacé d’en « prendre le contrôle ». Face à cette situation, La Havane cherche à s’adapter. Le 18 juin, les autorités cubaines ont mis en place un ensemble de mesures sans précédent en faveur d’une économie de marché, marquant un changement majeur dans le modèle économique de l’île, en vigueur depuis près de soixante-dix ans.
