International

Ce petit pays voisin de la Russie pourrait devenir candidat à l’UE.

L’Arménie, petite nation au riche passé, se trouve à un tournant décisif de son histoire. Située à la croisée de plusieurs puissances, entre l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et l’Iran, elle envisage de soumettre une demande officielle d’adhésion à l’Union européenne. Cette annonce a été faite par le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, lors d’une intervention devant le Parlement.

Ce projet d’intégration européenne suscite des inquiétudes à Moscou. La Russie, qui considère l’Arménie comme une zone d’influence essentielle, a exprimé son désaccord face à cette ambition. Les autorités russes ont insisté sur la nécessité pour l’Arménie d’organiser un référendum concernant son adhésion à l’UE, un processus que Moscou juge incompatible avec la participation d’Erevan à l’Union économique eurasiatique.

Nikol Pachinian a réagi à ces pressions en déclarant que la tenue d’un référendum n’aurait de sens que lorsque l’Arménie serait en mesure d’évaluer le « réalisme » de son adhésion à l’Union européenne. Il a souligné que le premier pas à franchir serait le dépôt de la candidature arménienne. « Nous pourrions enclencher ce processus dans un futur proche, surtout étant donné les demandes urgentes de nos partenaires de l’Union économique eurasiatique », a-t-il ajouté, sans toutefois donner de calendrier précis.

Les dirigeants de la Russie, du Bélarus, du Kazakhstan et du Kirghizistan avaient déjà appelé en mai l’Arménie à se prononcer par référendum sur son avenir, qu’il s’agisse de rejoindre l’UE ou de rester au sein de leur union régionale.

Les relations entre Erevan et Moscou se sont tendues suite à cette volonté d’alignement sur l’Europe. En réponse à cette situation, la Russie a imposé des sanctions, notamment en interdisant l’importation de produits agricoles arméniens, un secteur crucial pour l’économie d’Erevan. Bien que les deux pays soient techniquement alliés, l’Arménie reproche à Moscou son manque de soutien lors du conflit avec l’Azerbaïdjan en 2023. Dans ce contexte, Erevan cherche à renforcer ses liens avec l’Union européenne et les États-Unis, allant jusqu’à suspendre sa participation à un pacte de sécurité régional avec la Russie. Nikol Pachinian a exprimé son souhait d’être « satisfait » si l’Arménie était finalement exclue de ce pacte, ce qui mettrait fin à l’incertitude quant à son avenir dans cette alliance.