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Canada : Trois jeunes poursuivent le gouvernement pour inaction climatique.

Trois jeunes Canadiennes, appuyées par des ONG, ont annoncé mardi qu’elles attaquaient en justice le gouvernement fédéral pour son inaction climatique. Le recours vise à contraindre l’État à agir et les ONG demandent que le gouvernement « respecte son obligation légale d’élaborer une feuille de route crédible et actualisée » afin de « protéger les Canadiens contre les effets de plus en plus graves des changements climatiques ».


Trois jeunes Canadiennes, soutenues par des ONG, ont annoncé mardi qu’elles poursuivaient le gouvernement fédéral en justice pour son inaction face au changement climatique. Elles accusent l’État de ne pas avoir respecté ses engagements en matière de plan d’action pour 2030 et de lutte contre le changement climatique, en engageant une procédure devant la Cour fédérale.

« Les jeunes méritent une économie durable, de bons emplois verts et un gouvernement avec un plan crédible pour nous y conduire », a déclaré Shirley Barnea, une plaignante originaire du Québec. Pour ces jeunes, la question n’est plus théorique : elle concerne directement leur avenir.

Les plaignantes soulignent leur expérience. « Notre génération aura été marquée par des saisons de feux de forêt, des inondations, des vagues de chaleur alors que les scientifiques ne cessent de prévenir qu’il sera bientôt trop tard », a averti Sophia Mathur, une autre plaignante venue de l’Ontario. Ces événements extrêmes se succèdent, renforçant l’idée d’un point de non-retour.

Le recours vise à obliger l’État à agir. Les ONG à l’origine de la procédure demandent que le gouvernement « respecte son obligation légale d’élaborer une feuille de route crédible et actualisée » afin de « protéger les Canadiens contre les effets de plus en plus graves des changements climatiques ». Cette démarche utilise la justice pour inciter le politique à agir.

Depuis son arrivée au pouvoir en mars 2025, le Premier ministre libéral Mark Carney a pris des décisions controversées. Il a notamment supprimé plusieurs mesures environnementales clés, comme la taxe carbone pour les particuliers ou le plafond des émissions du secteur pétrolier. « Nous avons vu le gouvernement de Mark Carney affaiblir, retarder et abroger les principales politiques climatiques du Canada », a dénoncé Charlie Hatt, directeur pour le climat de l’organisation Equal Justice et coauteur du recours avec l’Association canadienne des médecins pour l’environnement. C’est une critique directe du cap pris par l’exécutif.

Le contexte est préoccupant. Mark Carney a reconnu en décembre que le Canada ne parviendrait pas à atteindre ses objectifs climatiques pour 2030. Parallèlement, le gouvernement mise sur des projets énergétiques majeurs pour réduire sa dépendance aux États-Unis, ce qui pourrait affaiblir ses engagements environnementaux. Pour les plaignants, l’enjeu dépasse les promesses politiques. Les changements climatiques représentent une « menace existentielle », alors que « le Canada se réchauffe deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale, le nord du pays se réchauffant trois fois plus vite ». Cette situation crée une pression supplémentaire pour accélérer l’action.

« Le gouvernement fédéral a fait la promesse et a pris l’engagement juridique d’atteindre ses objectifs climatiques. Maintenant il doit tenir parole », a insisté Sophia Mathur. Le recours vise à faire reconnaître ces engagements comme contraignants devant la justice. Ce n’est pas une première. Un autre procès est prévu en octobre pour examiner si l’inaction climatique de l’ancien gouvernement de Justin Trudeau violait les droits de jeunes plaignants. Le domaine judiciaire devient un axe central dans la lutte climatique au Canada.

Des actions similaires se multiplient ailleurs. De nombreux procès ont été engagés pour inciter les gouvernements à agir face à la crise climatique, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis et en France. Le message est clair : face à l’urgence climatique, la justice se constitue en levier d’action. Reste à savoir si elle pourra, à elle seule, obliger les États à changer de trajectoire.