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Brésil : Lula relance les forages pétroliers en Amazonie, un jour noir pour la planète

Le président brésilien Lula et la compagnie publique Petrobras ont annoncé ce mercredi la reprise des forages dans la principale réserve terrestre d’hydrocarbures du pays, au coeur de l’Amazonie, après environ une décennie d’interruption. Environ 8 % de la production nationale de gaz naturel en 2025 provenait de ce site, essentiel pour fournir de l’énergie à la région nord du Brésil.


Au Brésil, la déforestation se poursuit malgré le départ de Jair Bolsonaro. Le président Lula, accompagné de la compagnie publique Petrobras, a annoncé ce mercredi la reprise des forages dans la principale réserve terrestre d’hydrocarbures du pays, située au cœur de l’Amazonie, après environ dix ans d’interruption. Bien qu’il se déclare favorable à un abandon progressif des combustibles fossiles pour lutter contre le changement climatique, Lula estime que le Brésil, qui était le neuvième producteur mondial de pétrole l’an dernier, a besoin des revenus des hydrocarbures pour financer sa transition énergétique.

« Nous aimons le Brésil, nous aimons Petrobras, nous voulons bien vivre, bien travailler, bien étudier, et cela ne sera possible qu’avec de la croissance économique », a affirmé le président de gauche lors d’une cérémonie officielle dans l’État d’Amazonas (nord). Magda Chambriard, présidente de Petrobras, a annoncé un investissement de 2,5 milliards de réais (environ 423 millions d’euros) pour le forage de 22 nouveaux puits dans le champ pétrolier d’Urucu, dont la production a commencé il y a environ quarante ans. Cette réserve est la plus grande du Brésil, avec 95 % de la production d’hydrocarbures provenant de gisements offshore.

Cela faisait près d’une décennie que Petrobras n’avait pas foré de nouveaux puits sur le site d’Urucu, au cœur de la plus grande forêt tropicale du monde. Environ 8 % de la production nationale de gaz naturel prévue en 2025 devait provenir de ce site, qui est crucial pour alimenter la région nord du Brésil, la plus pauvre du pays.

L’Observatoire du Climat, un collectif d’ONG, a cependant averti qu’il était essentiel d’éviter que ces nouveaux forages entraînent une quelconque « dégradation » environnementale. « L’idéal serait que l’Amazonie soit déclarée une zone exempte d’exploitation de combustibles fossiles. Nous devons nous battre pour qu’aucune nouvelle frontière ne soit ouverte à cette fin », a déclaré à l’AFP Suely Araujo, coordinatrice de ce collectif.

À 80 ans, Lula se prépare à briguer sa réélection lors de la présidentielle d’octobre et soutient également un projet d’exploration pétrolière au large de l’Amazonie. En novembre, lors de la COP30, conférence de l’ONU tenue dans la ville amazonienne de Belem, il a exhorté les dirigeants mondiaux à établir une « feuille de route » pour la sortie des énergies fossiles. Cependant, son propre gouvernement n’a pas encore présenté la sienne, bien qu’il se soit engagé à le faire au plus tard en février.