
Allemagne : Un militant climatique recherché pour sabotage d’installations électriques
La traque d’un homme de 48 ans, soupçonné d’avoir orchestré des actes de sabotage contre des infrastructures électriques en Allemagne, se poursuit. Ce suspect, originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est activement recherché par les forces de l’ordre depuis vendredi, après avoir revendiqué ses actions dans des lettres adressées aux autorités et aux médias. Le gouvernement allemand le qualifie de militant lié à l’« extrémisme climatique ».
Les enquêteurs ont perquisitionné son domicile, où ils ont mis la main sur « des substances suspectes ou des objets suspectés d’être des explosifs », a rapporté Herbert Reul, ministre de l’Intérieur de la région. Ces éléments sont actuellement soumis à une analyse approfondie. L’enquête, ouverte pour « sabotage dirigé contre l’ordre constitutionnel », s’intéresse également à un éventuel lien avec l’extrémisme de gauche et à la possibilité d’un sabotage soutenu par un État étranger.
Les lettres de revendication, jugées authentiques par les autorités, expriment une opposition à l’industrie des combustibles fossiles. Le suspect, identifié par les médias comme Daniel V., a déclaré : « Je ne m’attaque pas au pays, mais à l’industrie des matières premières fossiles, même si, pour certains responsables politiques, c’est la même chose ». Ce qui intrigue particulièrement les enquêteurs, c’est que l’auteur a divulgué son nom et son adresse, une démarche considérée comme « très inhabituelle ».
Selon des informations rapportées par le quotidien Bild, le camion utilisé par le suspect a été retrouvé dans une zone associée à l’ancienne ZAD de la forêt de Hambach, un site qui avait été un point de ralliement pour ceux s’opposant à l’exploitation du lignite. Les lettres mentionnent également d’autres cibles potentielles, dont un poste électrique à Dormagen, où des objets suspects ont été découverts à proximité d’un transformateur.
Les actes de sabotage ne sont pas isolés. Le premier incident, survenu mardi dans le Brandebourg, a soulevé des interrogations sur d’éventuelles complicités, étant donné la distance géographique avec les autres sites touchés. Bien que ces actes n’aient pas entraîné de coupures d’électricité majeures, ils ont perturbé le fonctionnement de centrales électriques voisines.
Cette série d’événements s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue concernant la sécurité des infrastructures critiques en Allemagne. En janvier, un incendie criminel revendiqué par un groupe dénommé « Vulkangruppe » avait déjà causé des coupures d’électricité pour plus de 100.000 personnes à Berlin. Les autorités demeurent également sur le qui-vive face aux menaces de sabotage et d’espionnage, souvent attribuées à Moscou depuis le début du conflit en Ukraine.
