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Allemagne : Internement en psychiatrie du conducteur de Leipzig

Un Allemand de 33 ans a été interné en hôpital psychiatrique après avoir fauché des passants lundi à Leipzig, tuant deux personnes, un homme de 77 ans et une femme de 63 ans. Une enquête pour meurtres et tentatives de meurtres est en cours suite à cet acte, considéré comme une « Amokfahrt », sans mobile politique ou religieux identifié.


Direction l’hôpital psychiatrique pour un Allemand de 33 ans, qui a renversé des passants lundi à Leipzig. La justice allemande a ordonné mardi son internement en hôpital psychiatrique, après qu’il a tué deux personnes avec sa voiture. « Le juge d’instruction estime qu’il existe des motifs sérieux de penser que le prévenu a commis les faits du 4 mai 2026 dans un état de responsabilité pénale au moins considérablement atténuée », a déclaré le parquet dans un communiqué.

Le magistrat a donc ordonné, à la demande du parquet, le placement du suspect « dans un hôpital psychiatrique ». Le ministère de la Santé de Saxe, région où les événements se sont produits, a informé, par un courriel envoyé à l’AFP, que l’individu, dont le nom n’a pas été révélé, avait déjà été « hospitalisé de son plein gré » en psychiatrie, puis « libéré fin avril ».

Cette hospitalisation avait eu lieu après un appel de cet homme et une intervention des forces de l’ordre, ont précisé la police et le parquet dans un communiqué l’après-midi même. Cet événement faisait suite à des « menaces » et des « infractions portant atteinte à l’honneur dans son entourage social ».

Le ministère de la Santé a noté que « pendant la durée de son séjour à la clinique, il ne représentait aucun danger pour lui-même ni pour autrui. Il n’y avait donc aucune raison médicale d’empêcher ce patient, qui séjournait volontairement à la clinique, de quitter l’établissement ». Les enquêteurs ont exclu « un mobile politique ou religieux » mais ont évoqué un acte délibéré, qualifié d’« Amokfahrt », c’est-à-dire une course motivée par une folie meurtrière. Une enquête pour meurtres et tentatives de meurtre est en cours.

L’auteur présumé des faits a foncé vers 16h45 heure locale lundi dans une rue piétonne du centre de Leipzig, qui est bordée de commerces et mesure environ 500 mètres de long. Les deux victimes sont un homme de 77 ans et une femme de 63 ans, selon les autorités, qui ont fourni mardi après-midi un premier bilan précis des blessés, s’élevant à six personnes « âgées de 21 à 87 ans ». Deux d’entre elles ont été « grièvement » blessées, à savoir « un homme de 75 ans et une femme de 84 ans », selon la police et le parquet, quimentionnent également plus de 80 personnes « prises en charge en raison de l’impact des événements vécus ».

Hosam Algaer, un habitant de Leipzig originaire de Libye, a raconté lundi soir à l’AFP qu’il avait échappé de peu à une tragédie. « J’ai sauté sur le côté et il n’y avait qu’un demi-mètre entre lui et moi », a déclaré cet homme de 31 ans, qui a affirmé avoir vu une femme renversée par la voiture, accrochée au capot sur toute la longueur de la rue. Mardi en début d’après-midi, des policiers bloquaient encore la rue où les faits se sont déroulés, recherchant des indices. Des anonymes ont déposé des fleurs et des bougies au pied d’un monument et d’une église du quartier.

« J’ai simplement de la peine pour les gens, pour ce qui leur est arrivé », a confié à l’AFP Heidi Reinstorf, 32 ans, qui essuie encore ses larmes. « Comme pétrifiée, paralysée » la veille, Lynn Sue Leiste, 25 ans, a dû prendre son « courage à deux mains » pour aller déposer mardi deux roses blanches et une bougie. Elle s’est inquiétée « énormément » pour sa sœur, présente dans la rue, qui n’a vu que « la voiture qui passait à toute vitesse ».

L’auteur de cette course meurtrière « doit être enfermé pour toujours », affirme la jeune femme, qui estime qu’« on aurait vraiment pu renforcer » les mesures de sécurité. Aucun plot, borne ou barrière n’était visible à l’entrée orientale de la rue piétonne que le conducteur a empruntée. Depuis l’attentat de Berlin en décembre 2016, où un Tunisien aux motivations djihadistes a foncé dans la foule avec un camion, tuant 13 personnes, des attaques similaires ont régulièrement traumatisé l’Allemagne. Certaines ont été commises pour des raisons politiques ou religieuses, tandis que d’autres ont été le fait de déséquilibrés.