
Allemagne : Campagne de désinformation ciblant le chancelier Friedrich Merz
Des campagnes d’ingérence étrangère ont récemment émergé en France, visant plusieurs figures politiques, notamment à travers des réseaux de désinformation liés à la Russie. Cependant, la France n’est pas la seule nation touchée par ces manœuvres. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz se retrouve également au cœur de ces tentatives d’influence.
Ces ingérences surviennent dans un contexte déjà tendu pour Merz, qui fait face à des critiques internes suite à un remaniement ministériel annoncé le 24 juillet. Selon des publications sur les réseaux sociaux, notamment sur X et Facebook, des rumeurs circulent concernant une éventuelle démission du chancelier, avec une date limite fixée au 10 août. Ces informations auraient été divulguées par le média allemand Handelsblatt, qui se serait fondé sur des documents internes de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de Merz.
Une vidéo partagée sur ces plateformes montre une capture d’écran d’un article supposé de Handelsblatt, mais il est important de noter que cette affirmation a d’abord été diffusée en anglais avant d’être traduite en français et en italien.
Cependant, il s’agit d’une campagne de désinformation orchestrée, comme l’a révélé le collectif « Gnida Project », qui suit les ingérences russes sur les réseaux sociaux. En effet, la vidéo en question est fausse. Elle arbore le logo du média allemand Deutsche Welle, laissant croire à une origine légitime. Pourtant, aucune trace de ce contenu n’est disponible sur les réseaux sociaux ou le site de Deutsche Welle.
Interrogée à ce sujet, la direction de Deutsche Welle a confirmé que la vidéo ne provenait pas de leur rédaction et que leur logo avait été usurpé. Ils ont signalé plusieurs publications contenant cette vidéo à X et envisagent des poursuites judiciaires.
Concernant l’article prétendument publié par Handelsblatt, il est introuvable sur leur site, ce qui prouve son inexistence. La capture d’écran utilisée dans la vidéo est un montage. Malgré les appels à la démission de Merz, il n’est pas prévu qu’il quitte son poste. Cette rumeur fait partie intégrante de la stratégie de désinformation en cours. Le seul fait avéré dans ces publications est le faible score de popularité du chancelier.
Par ailleurs, une autre campagne de désinformation, attribuée à l’agence russe Matriochka, a récemment ciblé des candidats aux élections régionales en Allemagne, prévues pour septembre prochain.
