
Xiaomi dévoile les SUV hybrides SkyNomad N70 et N90 à 1 700 km d’autonomie pour 33 500 €
Xiaomi a lancé les précommandes de ses deux premiers SUV hybrides (électriques à prolongateur d’autonomie) Sky Nomad en Chine, à partir de l’équivalent de 33 500 €, avec des livraisons prévues pour septembre. En Europe, les consommateurs devront patienter plus longtemps, et cela pour des raisons justifiées.
Xiaomi ne se limite plus à la vente de smartphones, de trottinettes et de friteuses connectées. La marque chinoise, reconnue du grand public pour ses téléphones allant du Redmi Note d’entrée de gamme au Xiaomi 17 Ultra, construit également des voitures depuis 2024.
Après la berline SU7 et le SUV YU7, deux modèles entièrement électriques, elle vient d’ouvrir les précommandes d’une nouvelle gamme en Chine : Sky Nomad, qui se concentre cette fois sur l’hybride, avec des premières livraisons attendues pour septembre.
La gamme se compose de deux grands SUV familiaux : le N70, qui peut accueillir cinq passagers, et le N90 Max, qui offre sept places. Ce sont les premiers véhicules hybrides de Xiaomi, et pas n’importe quel type d’hybride : il s’agit de voitures électriques à prolongateurs d’autonomie.
Ces véhicules sont également désignés par l’acronyme EREV (ou REEV), pour « extended-range electric vehicle » : un moteur électrique entraîne les roues, tandis qu’un moteur à essence sert uniquement de générateur pour recharger la batterie. Contrairement à un hybride rechargeable classique, le moteur thermique ne touche jamais les roues.
Le moteur à essence est un 1,5 litre turbo de 112 kW (150 ch) qui alimente une batterie de 52 ou 76 kWh selon la version. Les utilisateurs peuvent rouler à l’électrique au quotidien, et le réservoir prend le relais pour les longs trajets si la batterie n’est pas rechargée.
L’autonomie en mode électrique (cycle WLTP) varie de 265 à 380 km selon les versions, et avec un plein d’essence, Xiaomi annonce une autonomie totale de plus de 1 500 km, pouvant atteindre jusqu’à 1 705 km pour le N90 Max.
Concernant les prix, le N70 débute à 259 900 yuans, soit environ 33 500 €, tandis que le N90 Max est proposé à 299 900 yuans, soit environ 38 700 €.
Xiaomi met également l’accent sur le coût d’usage : le moteur accepte de l’essence 92, 95 ou 98, avec une consommation annoncée d’environ 6,3 l/100 km une fois la batterie vide, et une garantie de huit ans ou 160 000 km sur l’ensemble de la chaîne de traction.
Les deux SUV reposent sur une nouvelle plateforme développée en interne, nommée Kunlun, qui dispose d’un plancher plat et de longs rails permettant de reconfigurer les sièges.
La marque met en avant un intérieur conçu pour la vie à bord, avec des sièges avant pouvant pivoter à 180°. Selon Xiaomi, la cabine à l’arrêt peut se transformer en « studio pour une personne, café pour deux ou salon pour trois ». De nombreux sièges massants et une table d’appoint en option sont également proposés, mais le confort réel sera à évaluer lors des essais.
En optant pour l’EREV, Xiaomi cible un segment spécifique : celui des grands SUV familiaux, dominé en Chine par Li Auto et Aito, la marque soutenue par Huawei. Son approche est claire : casser les prix. Les deux concurrents directs, le Li Auto L9 et l’Aito M9, commencent au-delà de 450 000 yuans (environ 58 000 €), tandis que le Sky Nomad N70 est affiché à 259 900 yuans, soit près de la moitié du prix.
Cependant, le marché des EREV se stabilise en Chine, alors que de nouveaux modèles continuent d’y apparaître. Xiaomi entre donc dans une niche de plus en plus concurrentielle, alors que la croissance ralentit. Le constructeur a tout de même des raisons de rester optimiste : il a vendu 185 055 voitures au premier semestre 2026, soit environ un tiers de son objectif annuel, et compte sur ces SUV familiaux pour rattraper son retard.
Ces SUV seront-ils un jour disponibles en Europe ? Pour l’instant, Xiaomi n’exporte aucune voiture et ne les vend qu’en Chine, mais Lei Jun, le dirigeant de la marque, a confirmé son intention de pénétrer le marché européen dès l’an prochain. Le calendrier précis pour le Sky Nomad reste cependant flou, et il est plus probable que les modèles 100 % électriques SU7 et YU7 ouvrent la voie.
Un obstacle majeur se dresse sur la route vers l’Europe. Depuis fin octobre 2024, l’Union européenne impose des droits de douane compensatoires sur les voitures électriques importées de Chine, en réponse à des subventions publiques jugées déloyales.
Le règlement européen cible également explicitement les véhicules à prolongateur d’autonomie, c’est-à-dire la technologie utilisée dans le Sky Nomad. Un import dans ces conditions entraînerait l’application de surtaxes, augmentant ainsi le prix final. Malgré tout, des importateurs parallèles font déjà venir des modèles Xiaomi sur le continent sans passer par la marque, au point que celle-ci a lancé une procédure judiciaire pour bloquer ces ventes.
