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Voitures de société : rouler au thermique pourrait ne pas être rentable.

Le Parlement européen envisage de supprimer tous les avantages fiscaux pour les autos thermiques dans les flottes d’entreprises à partir de 2028. Actuellement, on compte seulement 12 % de véhicules électriques dans les flottes en Europe, un chiffre qui passe à 15 % pour la France.


Le Parlement européen envisage d’éliminer tous les avantages fiscaux accordés aux véhicules thermiques au sein des flottes d’entreprises. L’objectif est d’encourager les entreprises à adopter massivement la voiture électrique, et ce, dès 2028.

La voiture électrique commence effectivement à s’imposer en France et plus largement en Europe. En avril 2026, la part de marché de cette motorisation a atteint 19,7 % sur le Vieux Continent, avec des ventes en hausse de 33,8 % durant les quatre premiers mois de l’année.

Cependant, la situation n’est pas encore idéale, en particulier pour les entreprises qui peinent à s’électrifier, comme l’a montré une étude de DKV Mobility. Actuellement, seulement 12 % des véhicules électriques (VE) se trouvent dans les flottes européennes, tandis que ce chiffre atteint 15 % en France. Sur l’ensemble du continent, le diesel demeure majoritaire avec 37 %. Bruxelles souhaite donc que cette situation change radicalement. Selon le média allemand Handelsblatt, le Parlement européen envisage une mesure forte pour forcer les entreprises à passer à l’électrique.

Les élus souhaitent mettre un terme définitif aux avantages fiscaux pour les voitures thermiques. L’idée est d’interdire à tous les États membres de proposer ce type d’aide à partir de 2028. Cela pourrait avoir un impact significatif dans certains pays, comme l’Allemagne, où une grande partie des voitures de société dépend de ces subventions. Près de deux tiers des nouvelles immatriculations en Allemagne concernent des entreprises.

Cette mesure ciblera spécifiquement les sociétés de plus de 250 salariés générant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, laissant de côté les PME. Le calendrier prévoit également des quotas nationaux pour des véhicules à zéro ou faibles émissions à atteindre d’ici 2030 et 2035, avec des seuils adaptés selon le PIB par habitant et le niveau d’électrification déjà réalisé dans chaque pays.

Néanmoins, il est encore trop tôt pour affirmer que cette mesure sera adoptée. De nombreux constructeurs, tels que BMW, Porsche et Mercedes, dépendent en effet des ventes de voitures de société, qui profitent des avantages fiscaux. L’industrie automobile montre déjà des signes de résistance face à ce projet de loi. Les professionnels de la location partagent également cette inquiétude, comme l’indique Nico Gabriel, directeur des opérations du loueur allemand Sixt, qui décrit cette proposition comme « irréalisable ».

Cette idée doit encore être examinée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne. Par ailleurs, le projet prévoit que les subventions pour les voitures électriques de société soient uniquement accordées aux modèles fabriqués en Europe. Bruxelles envisage également un nouveau soutien financier pour les véhicules dont au moins 70 % des composants seraient d’origine européenne.

En France, le gouvernement souhaite également renforcer les mesures pour inciter les entreprises à adopter la voiture électrique. Actuellement, les quotas imposés ne sont que rarement respectés. Un député a proposé fin 2024 une loi visant à pénaliser les sociétés avec une amende de 2 000 euros par voiture électrique manquante. Pour rappel, l’État imposait 20 % de VE dans les flottes de plus de 100 véhicules en 2024, avec l’objectif de 50 % d’ici 2030.