
Test du Steam Controller : Valve propose-t-il une manette à 99 € ?
Valve a dévoilé le Steam Controller, sa nouvelle manette de jeu, au tarif de 99 euros. La manette intègre une batterie de 8,39 Wh, permettant jusqu’à 35 heures d’autonomie selon les estimations de Valve.
Après le succès du Steam Deck, Valve avait de grands projets pour les consoles de jeux en 2026. Le constructeur a présenté simultanément trois produits : le premier est sa console de salon, la Steam Machine, et le deuxième est un nouveau casque de réalité virtuelle ARM totalement autonome, le Steam Frame.
Cependant, la crise de la RAM a conduit Valve à revoir entièrement son calendrier et les prix initialement prévus. Pour l’instant, seul le troisième produit subsiste : le Steam Controller, qui aspire à devenir la nouvelle manette de jeu de référence.
Nous l’avons testé pendant plusieurs jours, alors Valve a-t-il réussi à concevoir la manette idéale pour PC et console ?
Design
Le Steam Controller de 2026 n’est pas la première manette conçue par Valve. La première version, lancée en 2015, affichait un design très controversé, notamment avec un seul stick analogique. L’idée maîtresse de Valve à l’époque était d’intégrer des pavés tactiles similaires à ceux des touchpads de nos ordinateurs portables.
Cette idée a été améliorée avec le Steam Deck en 2022, qui propose une manette très réussie. Le Steam Controller de 2026 s’inscrit directement dans cette lignée. En fait, on peut résumer le Steam Controller à un Steam Deck sans écran à première vue.

Concrètement, le Steam Controller présente un design symétrique avec deux sticks analogiques alignés horizontalement. Tous les boutons sont à des positions fixes, sans possibilité de personnalisation matérielle.
Les contrôles à l’avant :
- Une croix directionnelle « d-pad »
- Deux sticks analogiques
- Deux pavés tactiles
- Les quatre boutons d’action X, A, B, Y
- Les deux boutons Menu et Affichage
- Un bouton Steam
- Un bouton Accès rapide
Les contrôles au dos :
- Boutons L4 et L5 à gauche
- Boutons R4 et R5 à droite
Les contrôles à l’arrière :
- Les boutons d’épaule L1 et R1
- Les gâchettes L2 et R2
À cela s’ajoutent les capacités de la manette :
- Gyroscope
- Détection capacitive « Grip Sense » au niveau des poignées
En conservant le même nombre de boutons et de contrôles que sur le Steam Deck, Valve garantit un niveau de compatibilité des jeux homogène entre tous ses appareils.
Concernant la connectique, le Steam Controller se connecte au PC via le « puck » sans fil 2,4 GHz fourni, tout en étant compatible avec le Bluetooth pour d’autres appareils et une connexion filaire en USB-C. Cette large compatibilité couvre Windows, macOS, Linux, et le Steam Deck.
Pour la conception de sa manette, Valve semble s’être inspiré des travaux de PlayStation et Xbox. La nomenclature plus claire et générique de PlayStation (L1 au lieu de LB, L2 au lieu de LT, L3 et L4) est présente, tout comme le placement symétrique des sticks de la DualSense, tandis que les boutons X, A, B, Y sont d’inspiration Xbox. Cela représente une bonne idée, car plusieurs générations de jeux PC ont été conçues avec la manette Xbox 360 ou Xbox One en tête, affichant ces boutons à l’écran.
La manette est fabriquée dans un plastique dur, agréable au toucher. Cependant, la qualité du plastique brillant utilisé pour les touches, en particulier les gâchettes, est décevante. C’est un matériau léger et creux, très éloigné de ce que propose Sony ou Microsoft.
Prise en main
Le Steam Controller propose de nombreux boutons, avec un encombrement relativement similaire à une manette classique comme la DualSense.
Cependant, bien que les dimensions des deux manettes soient proches, il convient de noter que les poignées du Steam Controller sont proportionnellement beaucoup plus petites par rapport à la partie centrale.
Source : Chloé Pertuis – Frandroid
Une fois en main, à l’instar du Steam Deck, la manette inspire confiance. L’ergonomie est bien conçue : les pouces se placent naturellement sur les boutons, tandis que les autres doigts trouvent leur place sur les boutons arrière et les poignées.
Cependant, malgré ces aspects positifs, la manette est chargée : il y a des boutons tout autour. Il est donc difficile de trouver un endroit pour reposer vos doigts sur la manette sans craindre une erreur de clic.
De même, lorsque nos pouces sont sur les sticks analogiques, ils frôlent également les pavés tactiles, qui sont très sensibles. Il n’est pas possible de poser l’intérieur de vos pouces sur la surface de la manette sans risque de déclencher les pavés tactiles.

Tout cela est sans doute une question d’habitude ; le design général du Steam Controller incite à modifier votre manière de le tenir si vous êtes habitué aux manettes concurrentes.
Personnalisation
Comme mentionné, le Steam Controller n’offre aucune option de personnalisation matérielle. Aucun bouton optionnel ou changement de disposition, notamment pour obtenir des sticks asymétriques, n’est disponible.
Toute la personnalisation se fait au niveau logiciel dans Steam. Pour chaque jeu, vous pouvez configurer le comportement de la manette et de chaque touche. Bien que ce soit un travail potentiellement long, Steam permet aux joueurs de partager facilement des configurations prêtes à l’emploi.

Vous pouvez donc vous inspirer du travail d’autres joueurs pour essayer la configuration qui vous semble la mieux adaptée à la manette et à vos goûts.

C’est chanceux, car étant donné le nombre d’options disponibles, il est facile de passer plus de temps à régler et configurer qu’à jouer réellement avec la manette.
En jeu
C’est en utilisant la manette dans les jeux vidéo qu’elle révèle toutes ses capacités.
Tout d’abord, la qualité des pavés tactiles et des retours haptiques de la manette est excellente, offrant ainsi une très bonne réactivité par rapport à nos actions et à ce qui s’affiche à l’écran.

Dans un jeu comme Final Fantasy XIV, le Steam Controller peut véritablement remplacer à la fois une manette classique, le jeu étant déjà parfaitement conçu pour cela, et une souris. Pour ce type de jeu qui mélange les composantes PC, avec de nombreux menus pensés pour souris, et console, c’est l’accessoire idéal.
Le MMORPG de Square Enix étant adapté aux manettes, cet exemple est assez simple. Cependant, le Steam Controller s’adapte également à des jeux plus typiquement conçus pour PC. C’est le cas de Two Point Museum, un jeu de gestion fluide avec une utilisation principale de la souris.
Les développeurs ont prévu une configuration sur mesure pour le Steam Controller et le Steam Deck, accessible en téléchargement sur Steam. Étant donné que le Steam Controller reprend pour l’essentiel le design de la manette du Steam Deck, il bénéficie des ajustements faits par les développeurs et les joueurs pour optimiser la ludothèque de Steam.
Cependant, bien que tout semble parfait sur le papier, on a parfois l’impression d’une certaine recherche à ajuster les réglages de jeu en jeu. Les configurations partagées par les utilisateurs ne sont pas toujours intuitives et peuvent nécessiter un apprentissage.
Un point à souligner : le Steam Controller s’exprime pleinement lorsque votre bibliothèque est uniquement sur Steam, grâce à Steam Input. Si vous utilisez des plateformes comme Epic, le Game Pass ou d’autres lanceurs, l’expérience est moins fluide. Valve a ouvert la manette à d’autres plateformes via la bibliothèque libre SDL, ce qui élargit son utilisation.
Enfin, nous avons testé des jeux que l’on aurait normalement tendance à jouer avec un clavier et une souris, mais évidemment, les jeux déjà adaptés pour les manettes se comportent à merveille sur le Steam Controller. C’est particulièrement vrai pour les FPS, même si je dois admettre que je reste généralement meilleur avec une souris.
Autonomie
Le Steam Controller est équipé d’une batterie de 8,39 Wh. Valve annonce une autonomie allant jusqu’à 35 heures ; de notre expérience, nous avons pu jouer environ 30 heures sur une seule charge, ce qui est très appréciable pour une manette aussi bien dotée.
De surcroît, elle est associée à un système de chargement intelligent. Valve fournit un « puck », un petit socle de recharge aimanté. Il suffit de poser la manette dessus pour la charger. Ce « puck » fait aussi office d’antenne sans fil 2,4 GHz pour le PC. C’est plus astucieux qu’un dongle USB, car, au lieu de rester caché derrière la machine, le « puck » est visible sur votre bureau, où la manette peut capter le signal sans problème.
Source : Chloé Pertuis – Frandroid
Source : Chloé Pertuis – Frandroid
Le « puck » est suffisamment bien aimanté et léger pour permettre d’utiliser la manette pendant son chargement. Toutefois, nous le trouvons un peu petit. Nous avons déjà failli le perdre lors de ce test, lorsqu’il était débranché, car il s’est aimanté sous un objet en métal.
C’est d’ailleurs un des réels défauts de conception du Steam Controller, selon nous. Un utilisateur a déjà rencontré un problème : provoquer un court-circuit est facile si l’on n’est pas vigilant. En effet, il suffit de faire entrer en contact les trois pins du puck lorsqu’il est branché. Il aurait fallu une forme mieux définie pour le chargeur, afin qu’il ne s’adapte qu’au Steam Controller et non à d’autres objets en métal.
Alternativement, il est possible de charger la manette de manière conventionnelle via USB-C.
Prix et date de sortie
Le Steam Controller est proposé à la vente sur Steam au prix de 99 euros.
À ce tarif, elle se positionne comme une manette standard particulièrement onéreuse. La manette Sony DualSense est affichée autour de 75 euros et la manette Xbox autour de 60 euros, mais les deux sont souvent en promotion.
