
Stocks au plus bas : la facture de gaz augmente encore au 1er septembre
La situation actuelle dans le détroit d’Ormuz a des répercussions significatives sur les finances des Français, en particulier en ce qui concerne le gaz. À l’approche de l’hiver, cette problématique est loin d’être résolue.
En Europe, la gestion du gaz suit un cycle annuel bien établi : les réserves sont constituées entre avril et octobre pour faire face à une demande énergétique accrue durant la saison froide. Ce stockage est essentiel non seulement pour stabiliser les prix, mais aussi pour garantir une marge de manœuvre en cas de vagues de froid.
Cependant, cette année, les défis sont nombreux. Alors que l’objectif de remplissage des réserves est fixé à 90 % pour le 1er novembre, les données de Gas Infrastructure Europe révèlent que les réserves européennes ne sont remplies qu’à 63 %, bien en dessous des 75 % habituels à cette période. Cette situation résulte en partie d’un hiver 2025-2026 exceptionnellement long, qui a considérablement réduit les stocks. De plus, la diminution des importations de gaz russe a restreint l’approvisionnement.
La guerre au Moyen-Orient a également exacerbé la situation. Depuis le 28 février 2026, l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz suite à des frappes américano-israéliennes, un passage par lequel transite près de 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Cette restriction a entraîné une forte hausse des prix sur le marché européen.
Face à ces défis, l’Europe se montre mieux préparée qu’en 2022 grâce à des capacités renouvelables accrues et à des terminaux méthaniers supplémentaires. Cependant, un hiver rigoureux, combiné à une faible production éolienne ou à des indisponibilités nucléaires, pourrait entraîner une flambée des prix du gaz. En effet, si les réserves ne sont pas suffisantes, il faudra acheter des quantités importantes de gaz à des tarifs plus élevés sur le marché de gros.
En ce qui concerne la France, la situation est légèrement plus favorable, avec un taux de remplissage des réserves estimé à près de 67 % au 23 août 2026. L’année précédente, à la même époque, les réserves étaient à 85 % et avaient atteint 93 % à la mi-novembre. Cependant, en février 2026, les stocks avaient chuté à près de 20 %.
Bien que les risques de pénurie soient faibles, le coût du gaz devrait augmenter. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé le 10 août une hausse de 5,6 % prévue pour le 1er septembre. Cette augmentation concerne environ 6 millions de foyers abonnés à une offre indexée sur le prix de référence, soit près de 60 % des clients résidentiels au gaz. Pour un ménage consommant environ 12 000 kWh par an, cela se traduira par une augmentation d’environ 115 euros sur l’année, le prix repère atteignant 172,05 euros TTC le mégawattheure. Les abonnés à des contrats à prix fixe ne seront pas affectés, du moins pour le moment.
