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Stellantis maintient ses 12 usines françaises, en partie grâce à la Chine.

Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, a récemment pris la parole lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France, organisée par le Medef, pour apaiser les craintes concernant l’avenir des usines françaises du groupe. Il a assuré que les douze sites de production en France resteront opérationnels au cours des cinq prochaines années. Cependant, il a également appelé l’Union européenne à établir un cadre réglementaire plus protecteur face à la concurrence croissante de la Chine.

Cette intervention sur la scène de Roland-Garros souligne les préoccupations persistantes au sein de l’industrie automobile européenne, en proie à des difficultés majeures. En mai dernier, Filosa avait déjà annoncé un plan de réduction des capacités de production en Europe, visant une diminution de 800 000 véhicules d’ici 2030. Ses récentes promesses peuvent donc être perçues comme une stratégie de communication pour rassurer les employés français, plutôt que comme une simple déclaration de faits.

L’optimisme affiché par Filosa repose en partie sur des partenariats industriels, dont celui avec le constructeur chinois Dongfeng, qui doit permettre la production de nouveaux modèles à l’usine de Rennes dès cette année. Toutefois, certains analystes estiment que ces accords ressemblent davantage à des solutions temporaires pour remplir des lignes de production sous-utilisées qu’à une vision stratégique à long terme.

Filosa a également souligné son engagement envers la responsabilité sociale de l’entreprise, affirmant que la France fait partie intégrante de l’héritage de Stellantis, qui inclut les marques Peugeot et Citroën. Cette déclaration intervient alors que sa nomination, en tant que dirigeant d’origine italienne, a suscité des inquiétudes quant à un éventuel déséquilibre au sein du groupe, au détriment de la famille Peugeot.

Sur le plan des investissements, Stellantis a récemment annoncé un engagement de plus d’un milliard d’euros en France, avec des projets de développement de trois nouveaux modèles Peugeot électriques ou hybrides à Mulhouse à partir de 2029.

Filosa a également profité de cette tribune pour faire entendre deux revendications importantes. Il a appelé à une accélération du « Made in Europe », soutenue par la France, mais qui peine à se concrétiser au niveau européen. Il a insisté sur le fait que la réglementation devrait prendre en compte non seulement le lieu de fabrication, mais aussi la conception et l’origine des composants. Il a cité des chiffres révélateurs : 86 % des véhicules Stellantis vendus en Europe proviennent d’usines européennes, et 95 % sont conçus par des ingénieurs basés en France, en Italie ou en Allemagne.

Filosa a affirmé représenter un front uni avec d’autres grands acteurs de l’industrie, tels que Volkswagen et Renault, pour faire pression sur la Commission européenne. Enfin, il a demandé une plus grande flexibilité concernant les objectifs de réduction des émissions de CO2 pour les véhicules utilitaires légers, estimant que ces objectifs ne reflètent pas la réalité du marché, contrairement à ceux des voitures particulières.