
Saber : le patron accusé de remplacer une autrice par ChatGPT répond et aggrave son cas.
Saber Interactive se retrouve au cœur d’une controverse après les accusations d’une ancienne employée concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le développement de son nouveau jeu. Le 30 juillet, le studio a présenté Rideshare « Stimulator », une simulation de chauffeur VTC, qui se veut une satire de l’économie des petits boulots. Cependant, le 11 août, Stella Sacco, ancienne autrice principale chez Saber, a affirmé sur Bluesky que son poste avait été remplacé par ChatGPT durant le développement du jeu, ajoutant que les voix des passagers seraient également générées par une IA.
En réponse à ces allégations, Saber Interactive a fermement démenti, déclarant à PC Gamer que « ni Saber ni Unigine n’ont remplacé le moindre auteur par une IA, pour Rideshare ou tout autre jeu ». L’éditeur a également précisé que son équipe d’auteurs avait triplé depuis 2023. Toutefois, le communiqué a admis l’existence d’un mode expérimental, nommé « free ride », qui utilise l’IA « par nécessité » en raison du nombre infini de passagers.
Malgré ces dénégations, la page Steam du jeu ne fait aucune mention de l’utilisation de l’IA, alors que Valve exige que tous les contenus générés par IA soient déclarés.
La situation a pris une tournure inattendue lorsque Matt Karch, le CEO de Saber Interactive, a décidé de répondre directement aux accusations. Dans une interview avec le site This Week In Videogames, il a ironisé sur la déclaration de Stella Sacco en disant « Stella qui ? J’ai dû demander à Claude, je ne lui ai jamais parlé et ne l’ai jamais vue ». Il a ensuite insinué qu’elle avait été remplacée par « quelqu’un de plus talentueux » et a exprimé qu’il aurait été « ravi de la remplacer par une IA », arguant que cela aurait permis de travailler avec « quelqu’un programmé pour être honnête ».
Karch a précisé que Saber utilise l’IA « pour certaines parties du jeu » et a promis que la mention sur Steam serait ajoutée une fois les fonctionnalités finalisées. De son côté, Stella Sacco a maintenu que la décision de recourir à ChatGPT avait été prise par la direction de Saber, et non par le studio Unigine.
Ainsi, alors qu’un jeu intégrant de l’IA générative s’apprête à sortir, la question de la transparence sur son utilisation demeure, surtout dans un contexte où la technologie ne maîtrise pas pleinement ce qu’elle produit.
