
Réglementation américaine : Stellantis contraint d’abandonner le V8 hybride
Un tournant inattendu pour Stellantis : le moteur V8 HEMI de 5,7 litres, qui intègre actuellement une technologie hybride, sera remplacé par une version non hybride dès le début de l’année-modèle 2027. Ce choix soulève des interrogations, notamment dans un contexte où l’électrification est en pleine expansion.
La marque Ram, bien qu’appartenant au groupe Stellantis aux côtés de Peugeot, Citroën, Fiat et Jeep, n’est pas officiellement présente sur le marché français. Cependant, elle joue un rôle crucial sur le marché nord-américain, où le Ram 1500 rivalise chaque mois avec des modèles emblématiques comme le Ford F-150 et le Chevrolet Silverado. Suivre les évolutions de Ram permet ainsi d’éclairer les décisions stratégiques de Stellantis sur ce marché clé.
Récemment, Ram a annoncé, via le site spécialisé MoparInsiders, que la version eTorque du V8 HEMI de 5,7 litres sera progressivement retirée à partir de 2027, au profit d’une version sans hybridation. Des documents de production en provenance de l’usine de Sterling Heights, dans le Michigan, avaient déjà laissé entrevoir ce changement, qui devrait être effectif d’ici la fin septembre.
Le nouveau moteur conservera les mêmes performances, affichant toujours 395 chevaux et environ 555 Nm de couple, tout en maintenant une cylindrée de 5,7 litres et un système de désactivation des cylindres pour optimiser la consommation à faible charge. Toutefois, plusieurs éléments liés à l’hybridation disparaîtront, notamment le générateur-démarreur à courroie, la batterie de 48 volts située sous la banquette arrière, ainsi que le système Start&Stop automatique, qui n’a pas rencontré un accueil favorable auprès des utilisateurs de pick-up.
Ce retour à une mécanique plus simple pourrait séduire une partie de la clientèle américaine, qui privilégie les moteurs sans complexité électronique, même si cela implique de renoncer à de légères économies de carburant, déjà marginales sur un véhicule de cette taille. Par ailleurs, un changement réglementaire intervenu début 2026 a assoupli certaines normes d’émissions, supprimant les incitations pour le système Start&Stop. Dans ce contexte, Ram n’a plus d’intérêt à maintenir une technologie qui ne plaît pas à ses clients.
L’histoire récente du V8 HEMI chez Ram a été marquée par l’introduction du système eTorque en 2019, qui était devenu la seule option disponible avant que le moteur ne soit retiré du catalogue lors du restylage de 2025, une décision prise dans le cadre d’une transition vers l’électrification.
Pour mieux comprendre ce revirement, il faut se rappeler qu’en 2024, sous la direction de Carlos Tavares, Stellantis avait décidé de retirer le V8 HEMI en réponse à des normes de consommation de carburant de plus en plus strictes et à une poussée vers des véhicules électriques. Le pick-up entièrement électrique 1500 REV et son cousin Ramcharger devaient symboliser cette transition. Cependant, le calendrier de lancement a été retardé, le REV étant repoussé à 2026 puis à 2027, en raison d’une demande en baisse pour les pick-up électriques aux États-Unis.
Pour 2027, la gamme Ram 1500, ainsi que son modèle dérivé Rumble Bee, proposera une large palette de motorisations : un V6 Pentastar de 3,6 litres eTorque, le HEMI de 5,7 litres avec et sans eTorque, deux versions du six cylindres turbo Hurricane, un V8 de 6,4 litres, et le HEMI de 6,2 litres suralimenté de 777 chevaux. Avec sept configurations disponibles, la question se pose : à quel moment une offre aussi variée devient-elle plus source de confusion qu’un réel atout commercial ? N’aurait-il pas été judicieux d’inclure une option électrique parmi ces motorisations qui, finalement, se ressemblent beaucoup ?
Pour Stellantis, cette stratégie vise à redresser ses résultats en Amérique du Nord après plusieurs trimestres difficiles, tout en répondant aux attentes d’une clientèle américaine souvent conservatrice en matière de choix mécaniques.
