Rachat de SFR : Free, Orange et Bouygues obtiennent le feu vert à 20 milliards d’euros
Le consortium fondé par Free, Bouygues et Orange a obtenu le feu vert de Patrick Drahi pour récupérer les actifs de SFR. Dans un communiqué publié le 17 avril 2025, les trois opérateurs annoncent être rentrés en « négociations exclusives » pour racheter la marque au carré rouge.
L’avenir de SFR est-il vraiment incertain ? Après plusieurs semaines de rebondissements, le consortium composé des trois autres grands opérateurs a obtenu l’approbation de Patrick Drahi pour acquérir les actifs de l’entreprise.
Il a donc fallu 20,35 milliards d’euros pour que Patrick Drahi décide finalement de vendre SFR. Après une première offre de 17 milliards jugée inacceptable par Altice, cette nouvelle proposition semble avoir persuadé l’homme d’affaires. Dans un communiqué diffusé le 17 avril 2025, Free, Bouygues et Orange ont annoncé être entrés en « négociations exclusives » pour acquérir la marque SFR.
Les rumeurs ces dernières semaines laissent penser qu’une conclusion rapide de l’affaire est envisageable, mais il reste à convaincre les autorités de la concurrence de la validité de cette opération.
### Un rachat « socialement responsable »
Bien que le rachat ne soit pas encore finalisé, toutes les parties semblent avoir convenu des grandes lignes et se fixent jusqu’au 15 mai prochain pour peaufiner les détails. Bouygues héritera de 42 % de l’entreprise (principalement les activités B2B et le réseau mobile en zone peu dense), Free recevra 31 % et Orange 27 %. La clientèle et l’infrastructure non acquises par Bouygues seront réparties entre les différents acheteurs, confirmant ainsi le retour à un marché à trois opérateurs.
Le communiqué présente cette opération comme « socialement responsable », indiquant qu’elle « permettrait de pérenniser et renforcer l’ensemble du secteur de l’économie numérique et des télécommunications en France » et de « préserver un écosystème concurrentiel au bénéfice des consommateurs ». Cependant, d’après les syndicats de SFR, des milliers d’emplois restent menacés, remettant en question le caractère « socialement responsable » de cette acquisition.
### Une longue aventure encore à venir
Conscient que cette approbation de SFR ne met pas fin au feuilleton, le communiqué souligne qu’il n’y a « aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée ». Le principal obstacle sera la position des autorités de la concurrence, tant françaises qu’européennes, ainsi que l’implication de l’État.
Du côté de l’Arcep, il n’y a pas d’opposition de principe à un retour à trois opérateurs tant que le marché demeure « concurrentiel ». La position du ministère de l’Économie, qui ne devrait pas s’opposer frontalement à l’accord, va dans le même sens, selon Le Figaro. En revanche, la situation pourrait être plus complexe pour l’Autorité de la concurrence.
Début janvier 2026, son président, Benoît Coeuré, rappelait dans un article des Échos qu’en 2005, les trois opérateurs de l’époque avaient été condamnés à près de 500 millions d’euros d’amende « pour avoir échangé des informations […] et stabilisé leurs parts de marché ». Ceci constitue un avertissement pour prévenir d’éventuelles tentatives de fixation des prix.
Quoi qu’il en soit, l’affaire pourrait prendre du temps à être résolue et pourrait même se heurter aux élections présidentielles de 2027. De plus, les autorités bruxelloises pourraient également s’intéresser au dossier, Free et Orange générant une partie importante de leurs revenus en dehors de la France. L’issue reste donc indécise.

