Belgique

Jean-Luc Crucke (Les Engagés) : « Ce n’est pas une crise de l’énergie fossile »

Jean‑Luc Crucke participera ce matin à la réunion du kern, prévue à 10h30, pour discuter des nouveaux mécanismes d’aide destinés à faire face à la hausse des factures d’énergie et des carburants. Le ministre estime que les moyens disponibles restent « de l’ordre de 50 millions d’euros ».


Jean-Luc Crucke prendra part ce matin à la réunion du kern, qui se déroulera à 10h30, pour examiner de nouveaux mécanismes d’aide destinés à répondre à l’augmentation des factures d’énergie et des carburants.

Le ministre souligne qu’une décision a déjà été adoptée en kern pour réutiliser les marges de TVA et de fiscalité, « de manière limitée dans le temps et de manière ciblée ». Les aides viseront en priorité « les familles les plus précaires » et « ceux qui nécessitent un véhicule pour se rendre au travail« .

Il rejette le « cliquet inversé » sur les carburants, le qualifiant de « mesure aveugle » qui profite à tous, « peu importe l’état de fortune des personnes« , et considérée comme « trop coûteuse et pas assez ciblée » par le gouvernement.

Des marges budgétaires serrées et refus des « cadeaux » généralisés

Jean-Luc Crucke estime que les moyens disponibles s’élèvent « à environ 50 millions d’euros« , tout en rappelant qu’il faut aussi tenir compte de la baisse de la croissance, de la consommation et de la hausse des taux d’intérêt sur la dette. Il prévient qu’il serait imprudent d’accumuler les gestes symboliques : « Faire un cadeau à qui que ce soit, même à une personne dans le besoin, c’est transférer la dette du consommateur sur le contribuable, et souvent ce sont les mêmes. »

Les Engagés refusent ainsi de « jouer à ce petit jeu de dupe » et se distancient des annonces jugées déconnectées de la réalité budgétaire.

Parmi les solutions envisagées, le ministre mentionne un renforcement du fonds mazout, une augmentation de l’indemnité kilométrique domicile-travail et des aides ciblées pour des secteurs durement touchés, tels que l’agriculture ou les soins à domicile.

Cependant, il insiste sur le fait que « nous ne sommes absolument pas dans la même hypothèse » que les mesures générales de 2022-2023, étant donné que la situation budgétaire ne permet pas de reproduire les dispositifs de la période Vivaldi.

Prendre en compte l’augmentation des coûts des combustibles pour accélérer la transition

Jean-Luc Crucke affirme que le problème central est évident : « La crise que nous vivons actuellement, c’est la crise de l’énergie fossile. Ce n’est pas la crise de l’énergie. » Il défend la cohérence de la stratégie actuelle : « Nous diminuons les charges sur l’électricité, qui doit devenir de plus en plus verte. En revanche, nous augmentons celles sur le fossile. » Revenir sur cette trajectoire reviendrait, selon lui, à dire à une personne dépendante d’une drogue « on va t’en donner un peu plus pour te calmer« , ce qui renforcerait en réalité la dépendance.

Le ministre estime que l’Europe doit tirer parti de cette crise pour accélérer la transition énergétique, comme elle l’a fait pour ses dépenses de défense, en adaptant ses règles budgétaires et en acceptant des investissements massifs et ciblés dans les alternatives aux énergies fossiles.

« Never waste a crisis, ne jamais gaspiller une crise« , résume-t-il, en appelant à une véritable stratégie d’autonomie énergétique plutôt qu’à des gels répétés des prix des combustibles « qui n’ont jamais vraiment fonctionné« . Il critique les propositions visant à réduire ou geler les prix des énergies fossiles pour dégager des marges en faveur de la transition, comme celles défendues par le MR. « Si cela fonctionnait, nous le saurions« , affirme-t-il.

« Cette chanson-là, nous l’entendons depuis des années. À chaque crise, on revient avec un peu de transition. Cela ne fonctionne pas. » Pour lui, seule une politique d’augmentation des coûts des combustibles, accompagnée d’investissements ciblés dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, permettra à l’Europe d’être « plus forte » demain.