High-tech

Plus d’une centaine de personnalités appellent au boycott de l’IA générative.

Plus d’une centaine de signataires ont lancé un appel à « boycotter » l’IA générative grand public dans une tribune publiée jeudi par Le Monde. Selon un baromètre du régulateur du numérique (Arcom) publié mardi, l’utilisation de services comme ChatGPT s’accélère chez les Français, en particulier chez les jeunes de 15 à 24 ans.


Ils sont artistes, écrivains, cinéastes, avocats ou élus et souhaitent attirer l’attention. Plus de cent signataires ont lancé un appel à « boycotter » l’IA générative grand public, qu’ils jugent responsable d’une « marginalisation de l’être humain » par « les machines » dans une tribune publiée jeudi par *Le Monde*.

Parmi les 150 signataires se trouvent les écrivains Hervé Le Tellier, Annie Ernaux, Pierre Michon, Abel Quentin, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen, ainsi que les auteurs de BD Jul et Enki Bilal, et le biologiste Marc-André Selosse.

## « Vive inquiétude »

« Sans attendre que le législateur bâtisse des digues, nous appelons au boycott de l’IA générative tous ceux qui ne sont pas contraints à l’utiliser », écrivent-ils. Selon eux, les dangers associés à l’IA générative grand public « ne sont pas la préoccupation d’une minorité obscurantiste ou paranoïaque », affirment-ils dans ce texte qui intervient alors que l’IA a suscité des débats lors du G7 et du salon VivaTech cette semaine.

« Quand tant de responsables politiques sont hypnotisés par les promesses » des robots conversationnels, « la population française exprime une vive inquiétude. L’adoption de cette technologie est certes massive mais elle prend largement la forme d’une adoption-répulsion », estiment-ils. D’après un baromètre du régulateur du numérique (Arcom) publié mardi, l’utilisation de services comme ChatGPT s’accélère chez les Français, en particulier chez les jeunes de 15 à 24 ans.

## Bataille pour l’écologie

« Nous condamnons un projet de société fondé sur la marginalisation de l’être humain et la destruction de notre milieu de vie », écrivent les signataires. Ils estiment que « utilisés de façon intensive par la jeunesse, les robots affaibliront ses capacités cognitives et créeront de redoutables dépendances émotionnelles ».

En outre, ils soutiennent que « la frénésie autour de l’IA générative acte un renoncement clair dans la grande bataille de notre siècle : celle pour l’écologie », car « les milliards d’euros investis dans la construction de data centers sont un appel à la démobilisation générale ».