Microsoft présente sept modèles d’IA pour rivaliser avec OpenAI, Anthropic et Google.
Microsoft a dévoilé sept modèles d’intelligence artificielle, baptisés MAI, lors de sa conférence Build. Le modèle MAI-Thinking-1, qui a été entraîné « from scratch » avec 35 milliards de paramètres actifs, est présenté comme le premier modèle de raisonnement maison de Microsoft.
À sa conférence Build, Microsoft a présenté sept modèles d’intelligence artificielle développés en interne. Le message est sans ambiguïté : l’entreprise ne souhaite plus se contenter de louer l’IA d’OpenAI, elle veut développer la sienne. Microsoft n’hésite pas à se mesurer directement à Claude et à Google.
Longtemps, l’IA de Microsoft était essentiellement celle d’OpenAI, le créateur de ChatGPT, dans lequel la société a investi des milliards. Bien que cela fût pratique, cela plaçait Microsoft dans une position inconfortable en dépendant d’un partenaire pour la technologie la plus stratégique de la décennie. Ainsi, Microsoft change de stratégie. Sous la direction de Mustafa Suleyman, responsable de l’IA et ancien cofondateur de Google DeepMind, l’entreprise lance sa propre gamme de modèles, nommée MAI. Voici les sept modèles :
– MAI Image-2.5
– MAI Image-2.5-Flash
– MAI Transcribe-1.5
– MAI Thinking-1
– MAI Voice-2
– MAI Voice-2-Flash
– MAI Code-1-Flash
Le modèle phare est MAI-Thinking-1, présenté comme le premier modèle de raisonnement conçu par Microsoft, capable de décomposer un problème avant de fournir une réponse. Il a été entraîné « from scratch », sans recourir à un autre modèle, ce qui le positionne comme une IA véritablement originale et non comme un dérivé. Ce modèle moyen possède 35 milliards de paramètres actifs et est conçu pour assurer un bon rapport performance-coût.
C’est à ce niveau que Microsoft se montre plus affirmatif, avec des données à considérer comme les siennes. Selon ses propres tests, des évaluateurs indépendants, via un partenaire de notation, préfèrent MAI-Thinking-1 à Claude Sonnet 4.6 d’Anthropic, tout en prétendant que ce modèle égalerait Opus 4.6 pour le code, tel que mesuré par le benchmark SWE Bench Pro.
Microsoft renforce aussi son image avec MAI-Image-2.5, qu’il prétend surpasser Nano Banana Pro de Google selon le classement ELO. Bien que ces affirmations nécessitent d’être prises avec précaution, le symbole est fort : Microsoft se positionne désormais contre ses anciens partenaires et fournisseurs.
La gamme MAI inclut également MAI-Image-2.5 et sa variante Flash, intégrées dans PowerPoint, un modèle de transcription couvrant 43 langues, des voix de synthèse disponibles dans plus de 15 langues supplémentaires, ainsi que MAI-Code-1, un modèle de codage ultra-efficace adapté à GitHub et déjà utilisé dans Copilot et VS Code. Ces sept modèles vont au-delà d’une simple démonstration ; ils couvrent le texte, l’image, la voix et le code, constituant une offre complète.
Au-delà des chiffres, la philosophie de Microsoft est claire : l’entreprise mise sur la souveraineté. Ces modèles sont entraînés sur des données internes et sous licence commerciale, et Microsoft souligne que les données des utilisateurs ne sont pas partagées avec des tiers. Cette stratégie vise à faire fonctionner l’IA le plus près possible des utilisateurs, en local lorsque cela est viable, plutôt que de dépendre du cloud d’autres fournisseurs. Ces modèles seront également accessibles sur d’autres plateformes comme Fireworks AI, Baseten ou OpenRouter.
Il reste à déterminer si les promesses de Microsoft pourront se concrétiser. L’entreprise n’est pas la première à annoncer une IA maison capable de rivaliser avec les meilleurs, et tant que des tests indépendants n’auront pas évalué MAI-Thinking-1 face à Claude et aux modèles de Google, les classements continueront de constituer des arguments essentiellement marketing. Cependant, la direction de Microsoft est désormais avérée : après des années de partenariat avec OpenAI, la société manifeste son désir de devenir autonome dans le domaine de l’IA. Un mouvement qui pourrait bouleverser l’équilibre du secteur.

