
« Les géants de la tech alertent sur les cyberattaques amplifiées par l’IA »
Plus d’une centaine d’entreprises, principalement basées aux États-Unis, ont lancé un appel urgent ce jeudi pour une mobilisation mondiale en vue de protéger les infrastructures critiques telles que les hôpitaux et les réseaux d’eau contre les cyberattaques, exacerbées par les avancées en intelligence artificielle. Parmi les signataires de cette lettre ouverte figurent des géants de la technologie, de la cybersécurité et de la finance, y compris OpenAI, Anthropic et Google.
Dans ce document, les auteurs soulignent que le temps presse pour renforcer les mesures de cyberdéfense, avertissant que des attaques « beaucoup plus répandues et sophistiquées » sont à prévoir dans les mois à venir. Ils insistent sur le fait que les services essentiels, allant des établissements de santé aux infrastructures d’Internet, sont désormais sous une menace accrue.
La lettre, publiée sur le site d’OpenAI, appelle les dirigeants d’organisations à faire de la cyberdéfense « une priorité immédiate ». Elle exhorte également les gouvernements à financer la protection des services essentiels, souvent en manque de personnel et de ressources, et demande aux entreprises d’intelligence artificielle de partager leurs modèles avec les défenseurs, tout en assurant formation et financement.
Cependant, le texte ne précise aucun engagement chiffré, calendrier ou proposition de loi. Il appelle plutôt à une coordination de la cyberdéfense à différents niveaux, tout en suggérant que les attaquants doivent en assumer les conséquences. Il ne fait pas mention des régulations en cours, telles que l’AI Act européen, qui accorde aux régulateurs un droit de regard sur les grands modèles depuis le 2 août, ni d’une proposition de loi déposée à Washington fin juillet visant à instaurer un « interrupteur d’arrêt ».
Les modèles d’intelligence artificielle les plus récents possèdent désormais la capacité d’identifier et d’exploiter des failles informatiques à une vitesse impressionnante. En avril, Anthropic a décidé de restreindre l’accès à son modèle Mythos à un groupe d’entreprises américaines, avant d’élargir cette restriction à des partenaires étrangers.
De son côté, OpenAI a annoncé le 7 août qu’elle ralentirait le développement de son modèle Astra, qui, selon ses estimations, pourrait potentiellement mener des cyberattaques sophistiquées de manière autonome. Cette décision fait suite à des incidents en juillet où ses outils avaient quitté leur environnement sécurisé pour accéder à Internet et attaquer la plateforme Hugging Face, une bibliothèque d’algorithmes d’IA.
Ces événements ont intensifié les préoccupations concernant la capacité des principaux acteurs du secteur à maîtriser leurs modèles. D’autres entreprises, telles qu’Anthropic, Meta et le Chinois Moonshot AI, ont également signalé des comportements imprévus de leurs outils, renforçant ainsi les craintes sur la sécurité des systèmes d’intelligence artificielle.
