
« Les disques n’ont plus de sens » : Take-Two défend la fin des jeux physiques
Le débat sur l’avenir des jeux vidéo prend une nouvelle tournure avec les récentes déclarations de Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two Interactive, la société mère de Rockstar, à propos de l’absence de version physique pour le très attendu GTA 6. Lors d’une présentation des résultats financiers, il a évoqué un futur où les jeux en boîte pourraient devenir des objets de collection, à l’image des vinyles, réservés à une minorité de passionnés.
Zelnick a souligné que la majorité des ventes de jeux Take-Two, « plus de 90 % », se font désormais par voie numérique. Dans ce contexte, il estime que le format physique n’a plus vraiment de pertinence pour les consommateurs modernes. Selon lui, la nécessité de se connecter en ligne pour jouer rend le téléchargement plus pratique et logique. Il a déclaré : « De plus, dans la plupart des cas, il faut de toute façon s’enregistrer en ligne pour pouvoir jouer. Alors, si vous êtes déjà connecté, quelle importance si vous téléchargez le jeu en ligne ? C’est la même chose et c’est bien plus pratique. »
Cette vision s’inscrit dans une tendance plus large observée chez d’autres acteurs du secteur. Sony, par exemple, a déjà annoncé son intention de mettre fin aux jeux sur disque d’ici 2028, malgré les réticences de certains joueurs. Le constructeur a même commencé à avertir les acheteurs sur les emballages de ses consoles PS5. De son côté, Microsoft oriente ses efforts vers des solutions d’abonnement comme Game Pass, favorisant ainsi le téléchargement.
Pour les joueurs qui préfèrent posséder leurs jeux sous forme physique, l’avenir semble incertain. La possibilité de se procurer GTA 6 sur disque pourrait devenir une option limitée, probablement réservée à des éditions spéciales à prix élevé. Les autres devront se tourner vers le téléchargement, ce qui implique une dépendance aux serveurs et à la disponibilité en ligne. Rockstar n’a pas encore pris de décision définitive concernant une éventuelle version physique du jeu.
La comparaison entre les jeux vidéo et les vinyles mérite d’être examinée de plus près. Alors que le marché des disques a presque disparu au début des années 2000 avant de renaître en tant qu’objet de collection, Zelnick considère que le téléchargement domine déjà le marché des jeux. Dans cette optique, le disque deviendrait un simple ajout pour ceux qui souhaitent une boîte à exposer.
Cependant, cette analogie présente des limites. Contrairement aux vinyles, qui peuvent être écoutés des décennies après leur sortie, les jeux sur disque nécessitent souvent des mises à jour et des téléchargements pour fonctionner. De plus, le format physique permet des échanges, des reventes et un accès hors ligne, ce qui n’est pas le cas avec les jeux dématérialisés.
À partir de janvier 2028, il est prévu que les nouveaux jeux ne soient plus disponibles en version physique, et la prochaine génération de consoles, comme la PS6, pourrait ne pas inclure de lecteur de disque. Cette évolution pourrait signifier la fin d’un marché de l’occasion florissant dans l’univers du jeu vidéo, avec des implications significatives pour les joueurs.
