High-tech

L’énergie renouvelable, solution pour des data centers durables et l’IA ?

Antimatter a annoncé un contrat portant sur le déploiement de 280 unités de calculs utilisant l’énergie verte des EnR en France et en Europe. Actuellement, 16 sites en France ont été identifiés pour accueillir 66 PoliCloud, avec des déploiements prévus en Allemagne, Suède, Italie et Espagne dans les 18 prochains mois.


Installer des micro data centers dédiés aux calculs d’intelligence artificielle (IA) près des éoliennes, au cœur des fermes solaires, voire dans des centrales biomasse : tel est le défi d’Antimatter. L’entreprise basée à Cannes-La-Bocca (06) a récemment annoncé un contrat fructueux pour le déploiement en France et en Europe de 280 unités de calcul utilisant l’énergie renouvelable (EnR). Ce modèle plus respectueux de l’environnement n’a pas besoin d’eau pour refroidir ses installations et peut être déployé rapidement.

Des containers de 16 mètres carrés

Antimatter, dirigée par David Gurlé, se lance dans le développement européen de ses petits data centers, appelés PoliCloud, à grande échelle. L’objectif est de créer un réseau de centres de calcul dédiés à l’IA qui s’alimentent et se refroidissent uniquement grâce à de l’énergie verte. La société CloudGrid Energy gère le développement, le financement et l’exploitation de ces data centers, qui prennent la forme de containers de 16 m², présentant de nombreux avantages. « Pas besoin de permis de construire, pas besoin d’eau, juste d’un raccordement à la fibre : ce système, alimenté par l’énergie verte, peut être produit en moins de cinq mois et être opérationnel immédiatement après installation », se réjouit David Gurlé, cofondateur et PDG d’Antimatter, dans une interview avec 20 Minutes.

Bien que cette initiative ait du sens écologiquement, elle n’est pas uniquement philanthropique. L’objectif d’Antimatter reste de vendre des services de traitement de données et de permettre aux énergéticiens ayant déjà amorti leurs infrastructures d’accroître leurs ressources et la valeur de leur électricité. Comment ? En convertissant cette électricité en heures de calcul pour des serveurs, tout simplement, par un système de partage de revenus.

« Pour les énergéticiens investissant dans un PoliCloud, c’est un peu comme un système de franchise, avec une grande simplicité pour eux. Une fois qu’ils ont préparé le terrain pour l’installation d’un container, nous prenons le relais. Ils peuvent récupérer leur investissement entre la deuxième et la troisième année d’exploitation », précise David Gurlé. L’investissement pour un PoliCloud se situe entre 2 et 8 millions d’euros, en fonction de sa taille et de ses équipements.

280 micro data centers d’ici à 3 ans

L’accord signé avec CloudGrid Energy pour 280 PoliCloud, avec un investissement total de 580 millions d’euros, représente un programme ambitieux, incluant 29 000 GPU (processeurs graphiques pour IA), 2 millions de vCPU (unités de puissance de calcul utilisées par les machines virtuelles et les services cloud) et 35 MW de capacité énergétique.

« En France, 16 sites ont été identifiés pour accueillir 66 PoliCloud. D’autres infrastructures seront également déployées en Allemagne, Suède, Italie et Espagne dans les 18 mois à venir », ajoute le dirigeant d’Antimatter, qui ambitionne de poser 1 000 PoliCloud d’ici fin 2030.

David Gurlé souhaite faire valoir la réactivité de l’entreprise face à la demande croissante en ressources pour l’IA. Contrairement aux travaux longs et coûteux nécessaires pour construire des data centers classiques, il propose une approche consistant à « aller à l’électron, plutôt que de faire venir l’électron à lui ». « Cela nous permet de nous situer à proximité des sources d’énergie disponibles, de créer un réseau tout en offrant une solution souveraine pour les calculs d’IA et le stockage de données », ajoute-t-il. En collaboration avec Urbasolar, un des principaux producteurs d’énergie photovoltaïque en Europe, le premier data center PoliCloud fonctionnant à l’énergie solaire est d’ores et déjà opérationnel sur le site de Bonne Voisine, dans l’Aube, en France.