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Le numéro anti-fraude bientôt en France : fonctionnement et enjeux

La Banque de France et les banques françaises étudient la création d’un numéro court unique à appeler en cas de doute sur une opération bancaire. L’objectif est de faciliter le réflexe de rappel vers sa propre banque, alors que la fraude par manipulation a représenté 516 millions d’euros en 2025 et continue de progresser.

Un dispositif pensé pour contourner l’arnaque téléphonique

Le principe envisagé repose sur une logique simple : lorsqu’un client reçoit un appel suspect, il raccroche puis compose un numéro court dédié. Après une étape d’identification sécurisée, il est orienté vers le service antifraude de sa banque. Selon la Banque de France, ce mécanisme doit remplacer l’incertitude actuelle, car beaucoup de clients savent qu’ils doivent rappeler leur banque, sans toujours connaître le bon contact à utiliser.

Cette approche vise surtout les fraudes par manipulation, où l’escroc pousse la victime à agir elle-même. Dans ce type d’arnaque, l’authentification forte ne suffit pas toujours, puisque c’est le titulaire du compte qui valide l’opération sous pression.

Un contexte de fraude en forte hausse

Le rapport annuel 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement indique que la fraude par manipulation a atteint 516 millions d’euros en 2025, soit une hausse de 34 % sur un an. Cette catégorie représente 41,6 % de l’ensemble de la fraude aux moyens de paiement. Parmi ces montants, 376 millions d’euros proviennent de virements réalisés directement par les victimes, après avoir été convaincues par l’escroc.

Le projet s’inscrit donc dans une réponse à un problème déjà bien identifié par les autorités et les banques. Il complète le mécanisme d’authentification des numéros, en place depuis fin 2024, qui bloque les appels dont le numéro affiché n’est pas authentifié. Ce système limite l’usurpation de numéro, mais ne protège pas contre un appel passé depuis une ligne française légitime.

Une idée encore à l’étude

La Fédération bancaire française présente ce chantier comme une hypothèse de travail dont la faisabilité doit encore être examinée. Les banques et les opérateurs télécoms mènent une étude d’opportunité depuis un an. À ce stade, aucun numéro n’est arrêté, aucun calendrier n’est annoncé, et ni le coût de l’appel ni la liste des établissements concernés ne sont connus.

La comparaison avec le Royaume-Uni sert de référence. Depuis fin septembre 2021, le 159 y permet de joindre un service antifraude commun, et il couvre aujourd’hui plus de 99 % des comptes courants des banques de détail britanniques. La France s’inspire de ce modèle, mais la mise en œuvre reste incertaine, notamment pour les banques qui fonctionnent surtout par messagerie ou par chat.

Ce qu’il faut retenir

  • La Banque de France et les banques étudient un numéro court unique pour rappeler sa banque en cas d’appel suspect.
  • La fraude par manipulation a atteint 516 millions d’euros en 2025, dont 376 millions liés à des virements effectués par les victimes elles-mêmes.
  • Le projet n’a pas encore de numéro, de calendrier ni de liste d’établissements confirmés, et il reste à vérifier sa faisabilité.

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Cette synthèse a été produite automatiquement à partir de la source citée.