
Le DLSS 5 de Nvidia fait chuter les performances, un développeur utilise une seconde carte graphique.
Nvidia fait face à une critique croissante concernant son DLSS 5, qui semble compromettre une partie des gains de performance qu’il est censé offrir. Un développeur a récemment proposé une solution innovante : utiliser une seconde carte graphique pour gérer le rendu neuronal, une approche qui pourrait transformer l’expérience de jeu.
Ce projet, intitulé Neural Coprocessor, a été mis en ligne sur GitHub et a attiré l’attention de Tom’s Hardware. Son fonctionnement est relativement simple : alors qu’une carte graphique exécute le jeu, une autre se charge du rendu neuronal associé au DLSS 5. Par exemple, sur une GeForce RTX 5060 Ti, le jeu atteint environ 127 images par seconde en mode DLSS Performance sans le rendu neuronal. En revanche, ce chiffre chute à 59 images lorsque le rendu est effectué sur la même carte. En déplaçant ce processus sur une seconde carte, la fréquence d’images remonte à 106.
Le module utilisé pour cette manipulation s’appelle MGPU Bridge, un add-on pour ReShade, un outil de post-traitement graphique prisé des joueurs sur PC. L’auteur du projet souligne que cette méthode diffère du SLI, qui répartissait le calcul d’une seule image sur plusieurs cartes. Ici, le rendu neuronal est une opération finale qui prend une image déjà créée et en génère une autre, permettant ainsi d’exécuter ce processus sur une carte distincte. Ce concept rappelle les anciennes cartes PhysX de Nvidia, conçues spécifiquement pour les calculs physiques. Les tests ont été réalisés avec deux cartes RTX 5060 Ti dotées de 16 Go de mémoire.
Le mod met en exergue un problème majeur : le rendu neuronal, qui fonctionne à la résolution d’affichage, entraîne des coûts significatifs en termes de performance, même lorsque la qualité DLSS est réduite. Sur la carte réalisant le rendu, la perte de fréquence d’images varie de 36 % en DLAA à 59 % en Ultra Performance, rendant l’upscaling presque inefficace. En déportant le rendu sur une seconde carte, ces pertes sont réduites à 0 % en DLAA et à 17 % au maximum. De plus, la carte principale fonctionne à une température 21 °C plus basse, car la charge de travail est répartie.
Cette découverte remet en question l’efficacité du DLSS 5, déjà critiqué pour sa tendance à surchauffer les connecteurs d’alimentation des RTX 5090, et dont la baisse de fréquence d’images a conduit Nvidia à peaufiner son modèle avant son lancement sur les GeForce RTX 40.
Cependant, il convient de tempérer cet engouement. Ce code est principalement expérimental, testé sur seulement deux machines avec une session stable d’à peine vingt minutes. De plus, cette méthode nécessite deux cartes RTX 50, deux écrans et un jeu compatible avec DirectX 12, ce qui représente une configuration peu courante. Actuellement, le DLSS 5 n’est opérationnel que sur un seul titre, la simulation de basket NBA 2K27. Malgré tout, cette démonstration est prometteuse et pourrait inciter Nvidia à explorer cette voie.
