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Hongqi va-t-elle relancer la production de Stellantis en Europe ?

Hongqi, la branche premium du groupe chinois FAW, serait engagée dans des discussions avec Stellantis en vue de produire certains de ses modèles dans des usines européennes du groupe. Selon des informations relayées par Reuters, l’ambition affichée de Hongqi est d’introduire au moins 15 nouveaux véhicules sur 25 marchés européens d’ici 2028.


Selon des informations relayées par Reuters, Hongqi, la branche premium du groupe chinois FAW, serait en pourparlers avec Stellantis pour produire certains de ses modèles dans des usines européennes du groupe. Aucun contrat n’est encore signé, et les détails de l’accord demeurent flous, mais cette situation reflète bien l’état actuel de l’industrie automobile en Europe.

Stellantis fait face depuis plusieurs trimestres à un problème persistant : des usines européennes qui fonctionnent en sous-régime. Les sites de Cassino en Italie, Madrid en Espagne et Rennes, en France, ont été régulièrement mentionnés en raison d’un manque de volumes suffisants pour justifier leur pleine opération.

À Madrid, l’usine qui assemble les Citroën C4 et C4 X a connu plusieurs épisodes de tensions sociales, résultant d’un carnet de commandes insuffisant. À Rennes, la production du Citroën C5 Aircross permet encore quelques années de fonctionnement, mais en dehors de ce modèle, aucun autre produit ne semble être prévu pour l’usine française.

C’est dans ce cadre que des noms de plusieurs constructeurs chinois commencent à circuler, notamment Dongfeng. Mais plus récemment, une autre marque pourrait prendre position selon les informations de Reuters : Hongqi.

La marque, positionnée sur le segment premium en Chine, aurait besoin d’accélérer son arrivée sur le marché européen et rechercherait un moyen rapide : plutôt que de construire ses propres lignes de production en Europe (une démarche longue et coûteuse), elle s’appuierait sur des capacités existantes, celles de Stellantis.

La présence de Leapmotor complique quelque peu le tableau. Stellantis possède une participation significative dans ce constructeur chinois, tandis que FAW, la maison-mère de Hongqi, détient également environ 5 % de Leapmotor. Ce dernier pourrait jouer un rôle d’intermédiaire, facilitant les échanges entre les parties.

L’usine de Saragosse est évoquée comme le lieu le plus probable pour une éventuelle production de Hongqi. C’est également l’endroit où Stellantis envisage de débuter la fabrication de modèles Leapmotor cette année.

Hongqi ambitionne d’introduire au moins 15 nouveaux véhicules (hybrides rechargeables et entièrement électriques) sur 25 marchés européens d’ici 2028. Ce calendrier serré rend d’autant plus intéressante la perspective de s’appuyer sur une infrastructure industrielle déjà en place.

Cependant, les discussions semblent encore à un stade préliminaire, et il existe souvent un grand chemin entre les rumeurs et la signature d’un accord concret.

Comme vous le savez sans doute, Stellantis traverse une période de restructuration majeure, et ses choix stratégiques en Europe sont étroitement surveillés par les syndicats, les gouvernements et les actionnaires. Nous devrions avoir plus d’informations lors de la présentation des résultats financiers de l’entreprise en fin de semaine, ou encore le 21 mai prochain, lors de la présentation de la feuille de route du groupe sous la direction d’Antonio Filosa.

Stellantis n’est pas le seul constructeur attirant l’attention des entreprises chinoises. Le groupe Volkswagen suscite également des convoitises, notamment de la part de ses partenaires chinois SAIC et XPeng, tandis que l’usine Nissan de Barcelone est déjà passée sous contrôle chinois grâce à Chery.

Avant de s’imposer sur le marché moderne de la voiture électrique, la marque chinoise Hongqi a été fondée sur un héritage très politique. Son nom, qui signifie littéralement « le drapeau rouge », fait allusion au Parti communiste chinois. Propriété du géant industriel FAW — qui collabore avec des entreprises européennes telles que Volkswagen et Audi —, Hongqi a longtemps entretenu une forme d’exclusivité étatique.

En effet, jusqu’en 1981, ses véhicules n’étaient pas destinés au grand public, mais réservés aux hauts fonctionnaires et représentants du gouvernement. Relancée au milieu des années 1990, la firme est devenue un symbole du nationalisme automobile local. Ce statut privilégié a perduré dans l’ère contemporaine : en 2013, la berline Hongqi H7 servait toujours de voiture officielle pour les dignitaires du régime, avec un volume de production ciblé à 30 000 exemplaires.