High-tech

Guerre de l’IA : suspension d’Anthropic en 2027 dans la colonie numérique

Le gouvernement américain a contraint le 13 juin 2026 Anthropic à couper l’accès à ses modèles Fable 5 et Mythos 5 pour « tout ressortissant étranger, à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis ». Jean-Luc Mélenchon a déclaré que la décision prouve l’urgence d’être indépendants et souverains, tout en soulignant que depuis 2016, LFI classe le numérique comme nouvelle frontière de l’humanité.


C’est une décision sans précédent. L’entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, Anthropic, a été contrainte vendredi par le gouvernement américain de restreindre l’accès à ses modèles les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5. Citant des préoccupations liées à la sécurité nationale, Washington a ordonné, dans le cadre du contrôle des exportations, de couper l’accès à ces modèles pour « tout ressortissant étranger, à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis », y compris « les employés étrangers » d’Anthropic.

Cette injonction de bloquer l’accès à ces modèles d’intelligence artificielle pour « tout ressortissant étranger » a suscité des réactions ce samedi de la part de figures importantes de la présidentielle française, qui ont exprimé leur inquiétude concernant une « guerre de l’IA » et la nécessité d’une indépendance par rapport aux États-Unis.

« L’intelligence artificielle est déjà un sujet majeur de souveraineté nationale », a déclaré Jordan Bardella (Rassemblement national) sur X, appelant à un soutien accru pour la société française Mistral AI et l’ensemble de l’écosystème de l’IA.

Jean-Luc Mélenchon a pour sa part souligné que « depuis 2016, LFI classe le numérique comme nouvelle frontière de l’humanité et refuse que la France soit une colonie numérique des USA ». Selon lui, la décision de vendredi « prouve l’urgence d’être indépendants et souverains », bien qu’elle représente également un « règlement de comptes politique » des États-Unis avec Anthropic, qui prône une « IA éthique ».

« Nous sommes entrés dans un nouveau monde (…) où nous ne pouvons compter d’abord que sur nous-mêmes », a déclaré le président du PS, Olivier Faure, appelant à « construire une vraie puissance européenne ».

Gabriel Attal (Renaissance) a estimé que « la guerre de l’IA a déjà commencé », et a mis en garde contre un risque de « vassalisation totale de la France ». Il a affirmé que « nous ne pouvons pas compter sur d’autres car cela nous rend vulnérables, la décision des États-Unis le montre. Anthropic est leur détroit d’Ormuz ».

Édouard Philippe (Horizons) a noté que Washington « décide de soumettre le développement de l’IA à sa logique de puissance », en ajoutant que « nous ne maîtrisons ni les modèles, ni le calcul » de l’IA, une infrastructure aussi critique que l’électricité ou Internet. Il a appelé l’Europe à « se réveiller » et à privilégier les « marchés technologiques européens », tout en plaidant pour une simplification « des normes qui avantagent les big tech américaines ».

Cette dernière mesure a également été soutenue par Bruno Retailleau, candidat de LR, qui souhaite « réorienter la commande publique vers des solutions souveraines » et « faire avec l’IA ce que nous avons fait avec le nucléaire (…) la penser comme une part de notre souveraineté ». Le sénateur a également proposé au dirigeant d’Anthropic, Dario Amodei, de s’installer en France : « Vous êtes les bienvenus à Paris ».