États-Unis : Une IA va bientôt remplacer un médecin pour certains renouvellements de médicaments.
L’État américain de l’Utah fait le pari que l’intelligence artificielle peut pallier la pénurie de soignants, avec 500.000 habitants privés d’accès aux soins de santé mentale. Un chatbot développé par la start-up Legion Health pourra renouveler uniquement 15 médicaments considérés comme à faible risque, comme le Prozac ou le Zoloft, nécessitant un abonnement mensuel de 19 dollars.
L’intelligence artificielle peut-elle remédier à la pénurie de soignants ? C’est le défi relevé par l’État américain de l’Utah, où 500.000 habitants n’ont pas accès aux soins de santé mentale, selon The Verge. Un chatbot créé par la start-up Legion Health sera bientôt en mesure de renouveler des prescriptions de médicaments contre l’anxiété et la dépression.
Les autorités locales affirment que cette initiative novatrice permettra « aux patients d’obtenir les soins dont ils ont besoin beaucoup plus rapidement et à moindre coût ». Très encadré, le chatbot pourra renouveler uniquement 15 médicaments jugés à faible risque, tels que le Prozac ou le Zoloft. Les médicaments plus contrôlés, comme les benzodiazépines ou le lithium, en sont exclus.
Pour bénéficier des renouvellements, il est nécessaire que les médicaments aient déjà été prescrits par un médecin. De plus, le chatbot ne sera accessible qu’aux patients considérés comme stables, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas récemment connu de changement de traitement ou d’hospitalisation psychiatrique. Ces patients doivent également bénéficier d’un suivi médical régulier, avec l’obligation de consulter un professionnel de santé tous les dix renouvellements d’ordonnance ou tous les six mois.
La start-up propose aux patients de l’Utah des renouvellements rapides et simples pour un abonnement mensuel de 19 dollars. Toutefois, certains jugent que les démarches pour accéder au service sont lourdes : ils doivent prouver qu’ils sont déjà sous traitement, faire vérifier leur identité, discuter de leurs symptômes et répondre à de nombreuses questions cliniques.
Si une réponse ne répond pas aux critères de « faible risque » établis dans le cadre de ce projet pilote, le dossier doit être transmis à un professionnel de santé avant tout renouvellement d’ordonnance.
Le PDG de Legion Health évoque une première mondiale qui élargira considérablement l’accès aux soins, mais les psychiatres sont moins enthousiastes. Un spécialiste de psychiatrie numérique à Harvard, cité par nos confrères, exprime des doutes sur la capacité d’une IA à comprendre le contexte clinique d’un patient et à évaluer réellement la nécessité d’une prescription, d’un arrêt ou d’un ajustement de traitement.

