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Dix ans d’hésitation pour Home Assistant : heures et IA décisives.

Home Assistant est un système qui permet de gérer une maison connectée sans dépendre d’un fabricant, et il regroupe plus de 1 400 « entités », correspondant à chaque capteur ou interrupteur pilotable. L’ensemble de la configuration est stocké dans un dépôt Git, ce qui permet de revenir facilement à un état antérieur en cas de problème.

Depuis dix ans, Home Assistant me faisait hésiter. Il m’a fallu quelques heures pour l’installer, cette fois-ci avec de l’aide.
Crédits : Ulrich Rozier

Home Assistant représente la solution idéale pour une maison connectée, sans dépendance à un cloud et indépendante des fabricants. Pendant des années, cette perspective m’a effrayé. La raison de mon changement est simple : grâce à un assistant capable de coder à ma place, j’ai pu décrire ce que je voulais réaliser.

La promesse que fait Home Assistant est bien connue : posséder une maison connectée, capable d’interagir avec tous les appareils sans se soucier des marques, tout en protégeant nos données. Pour moi, c’est un rêve. Cependant, j’abandonnais chaque fois mes projets, car c’était trop technique à installer, trop long à configurer et trop difficile à maintenir. Par exemple, Philips Hue est simple, mais dès que j’essaie d’intégrer des produits comme Eufy ou Zendure, je préfère rester dans l’univers des marques, avec des applications que je trouve plus confortables, mais qui engendrent une certaine frustration. Cette semaine, c’est le mur technique qui a cédé, et non ma motivation.

Pour faciliter l’intégration, j’utilise Claude Code, un assistant IA qui fonctionne depuis un terminal installé sur un mini PC dans mon salon. Cet ordinateur possède un processeur AMD Ryzen AI Max+ 395 de 16 cœurs, avec 128 Go de mémoire, le tout sous Ubuntu et allumé en permanence. Il faut savoir que cette configuration coûte environ 2 000 euros, ce qui correspond au prix d’un bon ordinateur de travail. Ce détail a son importance, mais pour ce projet, cela peut être secondaire. Pour l’instant, un Raspberry Pi, un NAS ou un mini PC à 200 euros peuvent suffire.

Au lieu d’apprendre comment fonctionne Home Assistant, j’ai orienté le processus : je formulais mes besoins en français et l’assistant se chargeait d’écrire la configuration, de la valider, de la déployer et de corriger d’éventuelles erreurs. Mon rôle était simplement de relire et de décider.

Une gestion domestique semblable à celle d’un serveur informatique

Ce qui m’a véritablement convaincu que c’était sérieux, c’est que Home Assistant ne tourne pas sur un petit appareil caché derrière ma box, mais fonctionne dans une machine virtuelle sur mon NAS TerraMaster, mise en place entièrement via des commandes en ligne.

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Crédits : Ulrich Rozier

J’aurais renoncé à la première erreur réseau si j’avais été seul. De plus, l’ensemble de ma maison est décrit dans un dépôt Git : tous mes réglages et automatisations sont stockés sous forme de fichiers texte versionnés. En cas de problème, il me suffit de revenir en arrière d’une commande. Les ingénieurs nomment cela l’infrastructure-as-code, une méthode utilisée pour gérer des serveurs par milliers. Ici, le serveur est mon domicile.

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Crédits : Ulrich Rozier

Pour ceux qui envisagent de se lancer sans l’IA, Home Assistant peut être géré par la méthode traditionnelle via des fichiers YAML que l’on édite manuellement (un simple accès via le Studio Code Server ou un terminal SSH suffit), puis que l’on versionne dans Git. Des add-ons communautaires permettent même d’automatiser les sauvegardes de la configuration vers un dépôt GitHub privé.

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Crédits : Ulrich Rozier

Il y a une règle de sécurité fondamentale : ne jamais commettre le fichier secrets.yaml ni la base de données contenant les mots de passe et informations personnelles.

À qui s’adresse ce système, et sous quelles conditions

En seulement trois jours, j’ai pu intégrer plusieurs appareils : le chauffage Tado, quatorze caméras, les volets, le portail, une serrure connectée, des panneaux solaires avec batteries, quatre zones d’enceintes et des lampes, une à une. Au total, cela représente une quinzaine de marques différentes, regroupées sous la même interface logicielle, et plus de 1 400 « entités », le terme utilisé par Home Assistant pour désigner chaque capteur ou interrupteur contrôlable.

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Crédits : Ulrich Rozier

Ce processus n’est pas magique. Il exige un ordinateur allumé en permanence, la volonté de relire les productions de l’IA, et une certaine connaissance pour identifier ses erreurs éventuelles. L’assistant gère l’installation, mais je reste responsable de la validation. Pour quelqu’un qui souhaite uniquement contrôler deux ampoules depuis son canapé, tout cela est inutile. En revanche, pour ceux qui ont déjà essayé Home Assistant et l’ont abandonné, cette méthode pourrait offrir une nouvelle chance, mais il ne s’agit là que des bases.

Home Assistant n’est pas devenu plus simple. C’est mon incapacité qui a été surmontée grâce à l’IA. La difficulté qui m’arrêtait depuis une décennie, je n’ai tout simplement plus eu à la surmonter seul. Une question me taraude néanmoins : en déléguant tout ce que je ne comprends pas, jusqu’où peut-on s’éloigner de la maîtrise de son environnement domestique ?

J’ai également procédé à un nettoyage : mise à jour vers la dernière version, réparations en attente remises à zéro, et une sauvegarde quotidienne qui est désormais conservée en dehors de la VM, sauvegardée chaque nuit sur le mini PC, avec un historique de deux semaines. Si le NAS venait à tomber en panne, je pourrais restaurer ailleurs. Je n’avais jamais réussi à faire tout cela, non pas parce que j’étais devenu un ingénieur en une semaine, mais parce que je n’étais plus seul face à cette difficulté. Tout cela constitue la base.

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Voici comment cela fonctionne. Ce qui est vraiment intéressant, c’est de comprendre l’objectif : pourquoi tout cela ? Connecter ma maison, c’était la première étape. Maintenant que tous les dispositifs communiquent, j’aspire à aller encore plus loin. Voici sur quoi je travaille et que je découvrirai dans les prochains articles.

Je prévois des écrans sur mesure pour chaque pièce, un système qui régule ma consommation d’énergie, deux compteurs avec des décalages de 900 watts et un appareil défaillant que j’ai réussi à identifier. J’ai même réussi à faire fonctionner ma machine à café Wi-Fi, malgré les restrictions du fabricant. Et, comme beaucoup, j’imagine un assistant virtuel comme Tony Stark, capable de répondre à ma demande : « JARVIS, baisse les lumières. » J’ai voulu avoir le mien, que j’ai décidé d’appeler Dobby. Il est temps de connecter votre maison. Elle a beaucoup à vous dire. La suite arrive très bientôt.

Avant de vous lancer : mes recommandations

Une précision essentielle avant de susciter des intérêts : ce que j’ai monté est un petit serveur contrôlant ma maison, et cela entraîne des responsabilités. La règle fondamentale est de garantir un mode dégradé : en cas de défaillance de Home Assistant, la maison doit continuer à fonctionner.

Mes interrupteurs muraux restent pleinement opérationnels, tout comme les commandes manuelles du chauffage. La domotique doit compléter le système existant sans le remplacer, car le jour où le serveur tombe en panne pendant les vacances, on est heureux de ne pas être enfermé dehors sans clé physique. Il est aussi important d’appliquer deux réflexes : versionner tout dans Git pour revenir en arrière en cas de besoin, et tester réellement ses sauvegardes.

Surtout, l’IA est un copilote. Au cours de ma semaine de configuration, elle a généré des bugs, suivi de fausses pistes, et a même créé un compte vide en cherchant à en trouver un autre. J’ai pu le constater en relisant ses suggestions, soulignant l’importance de ne jamais déployer à l’aveugle tout ce qui impacte directement l’environnement physique : qu’il s’agisse d’un volet, d’une serrure ou du chauffage en période hivernale. Chaque automatisation sensible doit être assortie de conditions et être désactivable d’un simple geste. De plus, les informations sensibles comme les codes d’accès ne doivent jamais être exposées en clair, et l’accès à distance doit se faire via un tunnel sécurisé, et non par un port ouvert dans le salon. Enfin, il est crucial de garder à l’esprit que tout cela dépend de votre matériel, vos comptes et votre réseau.