
Cyberattaque confirmée par Santé publique France : 80 000 fiches exposées
Des cybercriminels ont récemment revendiqué le vol de près de 80 000 fiches sur une plateforme associée à Santé publique France. Ces informations concernent principalement des professionnels, et il a été confirmé que les dossiers médicaux des citoyens ne sont pas compromis.
La cyberattaque a ciblé une plateforme gérée par un prestataire de Santé publique France, comme l’a rapporté franceinfo. L’incident a été officialisé par l’agence suite à une annonce faite sur le dark web le 11 août. Les hackers affirment avoir obtenu des droits d’administrateur et ont utilisé une fonctionnalité interne pour extraire les comptes de la plateforme.
Il est important de souligner que cette fuite ne comprend pas de données de santé. Santé publique France a précisé que les informations divulguées se limitent à des coordonnées professionnelles, incluant noms, adresses, numéros de téléphone, adresses e-mail, fonctions et structures d’appartenance. Aucun diagnostic médical ou numéro de Sécurité sociale n’est inclus, il s’agit donc d’un annuaire de professionnels et de partenaires du secteur de la santé et du social.
La plateforme touchée, nommée moncoupon.santepubliquefrance.fr, permet aux utilisateurs de commander des documents liés aux campagnes de prévention de l’agence. Une porte-parole de Santé publique France a indiqué à l’AFP que ce site est hébergé par un prestataire et qu’il est « complètement indépendant des autres sites de l’agence ». Suite à la découverte de l’incident, la plateforme a été mise en maintenance, tous les mots de passe supprimés, et une notification a été envoyée à la Cnil pour signaler une violation de données.
Les coordonnées volées peuvent avoir une valeur significative. En effet, combiner un nom, un numéro de téléphone, une adresse e-mail et une fonction professionnelle constitue un matériel idéal pour des attaques de phishing ciblé. Ces faux courriels, qui semblent provenir d’un employeur légitime, peuvent inciter les victimes à divulguer des informations sensibles ou à effectuer des paiements non autorisés. Les professionnels de santé, souvent en contact avec des données sensibles, représentent une cible privilégiée. Les entités répertoriées dans la base de données peuvent également recevoir des messages frauduleux se faisant passer pour l’agence.
Ce piratage s’inscrit dans un contexte où le secteur public a été particulièrement touché par des incidents de sécurité en 2026. En février, la Direction générale des Finances publiques avait reconnu une fuite de 1,2 million d’IBAN, résultant du détournement des identifiants d’un agent. Les auteurs de cette intrusion se présentent comme des lanceurs d’alerte sur les failles de sécurité numérique au sein des services publics.
Tant que les détails concernant l’ampleur de la fuite ne seront pas précisés par Santé publique France, il est recommandé aux professionnels concernés de rester vigilants face à des e-mails inattendus demandant des identifiants ou des paiements, même si l’expéditeur semble légitime.
En cas de piratage ou de fuite de données, il est essentiel d’adopter certaines bonnes pratiques pour se protéger. Voici quelques recommandations à suivre :
– Changer immédiatement les mots de passe des comptes affectés.
– Modifier également les mots de passe similaires sur d’autres services.
– Utiliser des mots de passe uniques et robustes, éventuellement avec un gestionnaire de mots de passe.
– Activer la double authentification (2FA) lorsque cela est possible.
– Envisager d’utiliser des Passkeys quand cela est possible.
– Rester vigilant face aux e-mails, SMS ou appels suspects dans les semaines à venir, même s’ils semblent authentiques.
– Éviter de cliquer sur des liens ou de télécharger des pièces jointes en cas de doute.
– Avertir ses contacts si le piratage pourrait les concerner.
– Mettre à jour ses appareils et logiciels pour corriger d’éventuelles vulnérabilités de sécurité.
– En cas de virements frauduleux, signaler l’incident sur la plateforme Perceval.
