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Brésil : après le suicide d’une adolescente, Discord sommée de couper ses flux en direct

Une décision marquante a été prise au Brésil, où l’Agence nationale de protection des données (ANPD) a ordonné, mercredi, la suspension des fonctionnalités de diffusion en direct sur la plateforme Discord. Cette mesure fait suite au suicide tragique d’une adolescente de 13 ans, qui aurait été incitée à mettre fin à ses jours lors d’une transmission en direct sur cette application prisée par les jeunes. L’affaire a suscité une onde de choc dans un pays où la connectivité numérique est omniprésente. La Première dame, Rosangela « Janja » da Silva, avait déjà exprimé son souhait de voir Discord bloqué la semaine précédente.

L’ANPD a justifié sa décision en évoquant des « preuves solides » démontrant que Discord n’avait pas mis en place des mesures adéquates pour protéger les enfants et les adolescents. Selon l’agence, la plateforme a été fréquemment utilisée comme un espace propice à de graves violations, notamment des actes de violence, de harcèlement, ainsi que des incitations à l’automutilation et au suicide.

Discord a réagi en affirmant que « la caractérisation faite par l’ANPD ne reflète pas la plateforme que nous avons construite ni les investissements que nous avons réalisés dans la sécurité des utilisateurs ». L’entreprise a également indiqué avoir désactivé un groupe de discussion privé, suspecté d’être utilisé par des individus incitant à l’automutilation, avant le décès de la jeune fille.

Les événements tragiques ont conduit la police à procéder à l’arrestation de cinq adolescents dans plusieurs États brésiliens, soupçonnés d’être liés au suicide de la jeune fille. Lors d’une conférence de presse, le commissaire Alessandro Barreto, responsable de la lutte contre les cybercrimes, a décrit la situation comme un « vrai film d’horreur », précisant que la jeune fille avait été encouragée à se suicider, tout cela étant diffusé en direct.

Le commissaire a également souligné une « faille de modération » manifeste sur la plateforme, notant qu’un des suspects avait pu prétendre avoir 148 ans en remplissant l’auto-déclaration d’âge requise. Au Brésil, une législation entrée en vigueur en mars impose aux plateformes de lier les comptes des utilisateurs de moins de 16 ans à ceux de leurs parents et de vérifier l’âge des utilisateurs.

Le 6 août, la Première dame avait appelé à une action judiciaire pour éradiquer ce réseau néfaste d’Internet. Suite à l’annonce de la suspension des directs, un utilisateur de Discord a critiqué ce qu’il perçoit comme une « paranoïa du cercle féministe et boomer du PT », le Parti des travailleurs de Lula. Un autre utilisateur a tempéré les réactions en soulignant que les entreprises milliardaires ne peuvent pas échapper à leur responsabilité. En 2024, la plateforme X avait déjà été bloquée pendant quarante jours par la Cour suprême brésilienne, jusqu’à ce qu’elle se conforme à des ordres judiciaires visant à supprimer des comptes accusés de désinformation.