1 500 km d’autonomie en 3 minutes : la batterie CATL défie les moteurs thermiques
CATL a présenté, lors du Salon de l’automobile de Pékin, des batteries permettant aux voitures électriques d’atteindre 1 500 km d’autonomie et de se recharger en 3 minutes. La production de masse de la batterie au sodium de CATL, baptisée Naxtra, est prévue pour la fin de l’année 2026.

Lors de ma visite au Salon de l’automobile de Pékin il y a quelques jours, le stand de CATL m’a convaincu que le moteur à combustion est en train de s’éteindre.
Sur place, j’ai pu voir de près leurs nouvelles générations de batteries, regroupées en trois principales catégories : sodium, Shenxing et Qilin. J’avais déjà eu un aperçu des anciennes versions de ces accumulateurs lors du salon Beyond Expo à Macao en mai 2025, mais les récentes présentations de la firme chinoise marquent un tournant technique décisif.
Actuellement, en comparant les offres de la concurrence, notamment de BYD, qui garantit la durée de vie de ses batteries en Chine et permet de recharger de 10 à 70 % en 5 minutes, le message semble clair.

Avec CATL qui surpasse désormais ses concurrents sur le papier, le marché s’apprête à accueillir, dans les mois à venir, des modèles capables de dissiper les dernières craintes liées à l’autonomie et à la recharge rapide.
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La batterie Shenxing : une recharge plus rapide qu’à la pompe
La première chose qui attire l’attention sur le stand, c’est la troisième génération de la batterie Shenxing. Cette batterie utilise une chimie LFP (lithium-fer-phosphate, sans cobalt), reconnue pour sa durabilité et son coût abordable, mais qui peinait, historiquement, avec une densité énergétique moindre.
CATL a contourné ce problème en mettant l’accent sur la rapidité de charge, avec une résistance interne diminuée de moitié par rapport à la moyenne du secteur, selon les dires de l’entreprise.

Les chiffres avancés par le fabricant sont impressionnants. La batterie peut supporter une charge avec un pic à 15C, ce qui signifie qu’elle reçoit une puissance équivalente à 15 fois sa capacité (par exemple, 1 500 kW pour une batterie de 100 kWh).


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En pratique, le constructeur garantit que l’on peut passer de 10 à 80 % de charge en 3 minutes et 44 secondes, et obtenir une charge quasi complète en moins de 7 minutes. Même par des températures de -30 °C, il ne faudrait que 9 minutes pour passer de 20 à 98 %, grâce à un système d’impulsions auto-chauffantes.
Pour comparaison, la BYD Flash Charging 2, qui arrivera en France cet été, annonce des temps de 6 minutes, 9 minutes et 12 minutes.
La gamme Qilin : compacité extrême et 1 500 km d’autonomie
En observant les cellules exposées, j’ai particulièrement noté la différence de taille entre les chimies traditionnelles et la nouvelle gamme Qilin, qui utilise la technologie NMC (nickel-cobalt-manganèse).
La Qilin de troisième génération atteint une densité de 280 Wh/kg, permettant un gain de 122 litres d’espace par rapport à un pack LFP équivalent, abaissant ainsi le plancher des véhicules de 18 mm. Cependant, c’est la version « Qilin Condensée » qui représente, à mes yeux, la plus grande avancée visuelle et technique.

Cette version utilise un électrolyte spécifique à l’état condensé et affiche une densité de 350 Wh/kg. En l’examinant de près, on comprend rapidement l’avantage : elle est beaucoup plus compacte que les versions NMC ou LFP traditionnelles.
À taille de voiture équivalente, cette compacité permet d’accueillir un plus grand nombre de cellules et d’atteindre une autonomie allant jusqu’à 1 500 km, selon les affirmations du fabricant. Un pack entier de 125 kWh (pour environ 1 000 km d’autonomie) ne pèse « que » 650 kg, ce qui a un impact direct sur la consommation, l’usure des pneus et le comportement dynamique du véhicule.
Le sodium pour démocratiser l’électrique
Enfin, CATL a annoncé le lancement de la production de masse de sa batterie au sodium, nommée Naxtra, pour la fin de l’année 2026. L’intérêt du sodium réside dans le fait qu’il permet d’éviter complètement l’utilisation de lithium, en recourant à un élément abondant et peu coûteux, extrait notamment de l’eau de mer.
Jusqu’à présent, des obstacles techniques entravaient la production à grande échelle, mais CATL affirme avoir surmonté les problèmes liés à la gestion de l’eau et à la production de gaz.
Le visée n’est pas de rivaliser avec les 1 500 km de la Qilin, mais de proposer des packs extrêmement résistants par temps froid et financièrement accessibles pour les voitures citadines.

Wu Kai, le scientifique en chef de CATL, a expliqué cette démarche lors de la conférence : « Les batteries au sodium offrent un large potentiel pour les températures extrêmes et les applications de stockage d’énergie. Que ce soit du point de vue des besoins variés des consommateurs, ou en termes de sécurité énergétique et de développement social, l’industrie des batteries lithium-ion doit procéder à un développement coordonné à travers de multiples systèmes chimiques ». Plus de détails sur cette production prévue pour 2026 seront disponibles dans nos colonnes.
L’échange de batteries par robot pour une efficacité optimale
Une autre démonstration impressionnante sur le stand concernait l’infrastructure. J’ai pu observer une station d’échange de batteries en pleine opération. Le processus est entièrement automatisé : un robot s’insère sous le châssis du véhicule, dévisse le pack vide et installe un pack plein en moins de 5 minutes. Ce système, dénommé Choco-Swap, élimine le besoin de recharge rapide en remplaçant complètement l’accumulateur.
J’ai déjà testé ce type de station en Europe, chez Nio, en 2022. En Europe, moins de 100 stations existent, alors qu’en Chine, on en dénombre plusieurs milliers.
Avec des infrastructures en plein essor en Europe, des batteries qui se rechargent le temps d’une pause, et l’arrivée de packs au sodium pour réduire les coûts, les arguments en faveur des véhicules thermiques perdent leur pertinence.

Les fabricants européens et internationaux qui sauront rapidement intégrer ces nouvelles batteries auront un avantage compétitif sur le marché mondial dans les mois à venir.
Il n’est même pas nécessaire d’attendre : la BMW i3 dispose d’une autonomie WLTP de 900 km avec des cellules 4695, et les modèles Zeekr se rechargent déjà en seulement 7 minutes. Cela vaut cependant uniquement pour les versions commercialisées en Chine, car ceux vendus en Europe n’ont pas encore bénéficié des nouvelles batteries.
Pour que cela fonctionne, il sera crucial de disposer de bornes puissantes, très puissantes, d’ailleurs. Heureusement, BYD prévoit d’en installer 3 000 d’une puissance de 1 500 kW en Europe d’ici 2026. La bonne nouvelle, c’est que même sur une borne rapide « classique » (350 kW), que l’on trouve déjà sur les autoroutes françaises, la Denza Z9GT équipée de la nouvelle batterie BYD peut se recharger en 12 minutes.
