France

Violences périscolaires : « Je stresse »… Des parents s’interrogent sur la garde

La rentrée scolaire s’accompagne d’une inquiétude croissante chez les parents, face à une série d’affaires de violences sexuelles qui ont récemment éclaté, notamment impliquant des animateurs périscolaires. Cette situation amène de nombreuses familles à reconsidérer les modes de garde pour leurs enfants.

Benoît, ancien animateur en centres de loisirs, exprime ses craintes : « Je suis papa d’une fille de 9 ans et elle n’a jamais mis les pieds dans une de ces structures. Les remontées que j’ai de mes connaissances dans le secteur sont catastrophiques. » Il souligne également que faire appel à une nourrice pour récupérer son enfant n’est pas toujours rassurant.

Les inquiétudes des parents sont renforcées par les chiffres alarmants révélés par France Info, qui annonce que 203 enquêtes pénales sont actuellement en cours pour des soupçons de violences, y compris sexuelles, dans le cadre scolaire et périscolaire à Paris, touchant au moins 184 établissements. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a qualifié ce phénomène de « massif » et a annoncé l’intégration de questions sur les violences sexistes et sexuelles dans le questionnaire de harcèlement distribué aux élèves chaque année.

Anaïs, mère de deux enfants et élue municipale, a choisi de confier la garde de ses enfants à une personne de confiance à domicile, une décision motivée par la hausse des tarifs de l’accueil périscolaire et des révélations inquiétantes concernant la structure de sa commune. « Le directeur avait une interdiction d’exercer auprès de mineurs suite à une condamnation pour violences conjugales », précise-t-elle.

Yvan, père d’un garçon de 5 ans, a également été confronté à des révélations troublantes. Il a reçu un mail l’informant de suspicions d’attouchements dans l’établissement scolaire de son fils. Malgré une réunion organisée pour rassurer les parents, il ressent un flou persistant et la peur demeure. « J’arrive à la rentrée et je stresse pour tout ce qui concerne mon fils. Je n’ai pas d’autres choix de garde… », confie-t-il.

Ce climat de méfiance est accentué par des statistiques alarmantes : un enfant sur dix en France est victime de violences sexuelles, ce qui représente environ trois enfants par classe. La psychologue Céline souligne que le risque de développement pour un enfant isolé dans sa famille est tout aussi préoccupant, comme l’a montré la période de confinement due au Covid. Elle met en garde contre les dangers d’une trop grande méfiance envers les adultes extérieurs, tout en reconnaissant la légitimité des inquiétudes des parents.

Thomas, un autre père, tempère ces préoccupations en rappelant que les statistiques montrent que le risque de confier un enfant à un membre de la famille peut être plus élevé que de le confier à des professionnels de la garde d’enfants. Il maintient son organisation, combinant nourrice de confiance et centre aéré, tout en se sentant rassuré par le nombre d’adultes présents. À l’approche de la rentrée, le gouvernement assure que des mesures sont mises en place pour protéger les mineurs, comme l’a déclaré Édouard Geffray lors du dernier Conseil des ministres.

* Le prénom a été changé.