France

Vendanges 2026 : Bordeaux, Champagne et Beaujolais, précocité « jamais connue »

Les vendanges 2026 s’annoncent d’ores et déjà comme une campagne exceptionnelle, marquée par une précocité sans précédent dans le vignoble bordelais. Alors que les sécateurs résonnent des rangs du Bordelais aux coteaux de Champagne, les vignerons s’affairent pour récolter des raisins qui, selon les experts, pourraient être cueillis jusqu’à quinze jours plus tôt que l’année précédente. Cette tendance s’inscrit dans un phénomène plus large, celui du réchauffement climatique, qui modifie les cycles de maturation des vignes.

Dans le Beaujolais, le Biterrois, le Sézennais, ainsi que sur l’île de Ré et dans le Sud-Ouest, les viticulteurs se préparent à une saison qui pourrait battre tous les records. La cave coopérative Bordeaux Families, leader dans la production de crémant de Bordeaux avec trois millions de bouteilles, a déjà lancé sa récolte, mobilisant 400 vendangeurs sur une période de trois semaines. Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), souligne que cette précocité est sans précédent dans l’histoire viticole française.

« Pour la France, c’est très, très précoce. On est presque quinze jours plus tôt que l’an passé, qui était déjà tôt par rapport à il y a vingt ou trente ans », a-t-il déclaré. Depuis les années 1980, les dates de vendanges avancent de manière significative, illustrant les effets du changement climatique. L’hiver doux et humide de cette année, suivi de températures clémentes et de canicules au printemps et au début de l’été, a accéléré le cycle de maturation des vignes.

Bernard Farges précise que, bien que la récolte soit attendue en petites quantités en raison du manque de pluie pour gonfler les grappes, la qualité des raisins semble prometteuse. « L’état sanitaire des vignes est parfait, donc qualitativement ce sera très joli, c’est sûr », a-t-il affirmé. En outre, il n’y a pas de crainte concernant un éventuel « goût de fumée » suite aux incendies qui ont ravagé 42 000 hectares en Gironde, car les grandes propriétés du Médoc et des Graves n’ont pas été touchées. « En 2022, le mégafeu de Landiras était proche de certaines vignes et il n’y a pas eu de grosses difficultés, avec un très bon millésime », a-t-il rappelé.

Ainsi, les vendanges 2026 s’inscrivent dans un contexte de changement climatique, avec des implications significatives pour l’avenir de la viticulture en France.