
UTMB 2026 : Ben Dhiman a-t-il réalisé « la perf absolue » en course ?
« Aujourd’hui, je n’ai montré aucun respect au parcours. » C’est avec cette déclaration pleine d’humour que Ben Dhiman, l’Américain qui a remporté l’UTMB 2026, a captivé le public de Chamonix samedi dernier. À 31 ans, cet habitant des Pyrénées a réussi un exploit marquant, n’ayant jamais remporté de course majeure auparavant, y compris des épreuves prestigieuses comme la Western States ou la Diagonale des Fous.
Dès le début de la course, Dhiman a pris les devants, à l’image d’un Tadej Pogacar sur son vélo, s’échappant avec assurance. « C’était étrange, car après Les Contamines, je me suis retrouvé seul. J’avais le choix entre ralentir ou continuer à mon rythme, et j’ai choisi de continuer », a-t-il expliqué. Son rythme soutenu a rapidement fait la différence, ne laissant aucune chance à ses concurrents.
Le temps qu’il a réalisé, 18h16, a littéralement pulvérisé l’ancien record de l’UTMB, qui était de 19h19, établi par Tom Evans l’année précédente. Cette performance inédite a surpris le monde de l’ultra-trail, où la barre des 20 heures semblait insurmontable jusqu’à récemment. En effet, le duel de 2022 entre Kilian Jornet et Mathieu Blanchard avait déjà marqué les esprits avec des temps de 19h49 et 19h55 respectivement. Pour expliquer son exploit, Ben Dhiman a avancé deux raisons : sa connaissance approfondie du parcours et la pression d’un concurrent, Baptiste Chassagne, qui le suivait de près.
Pour analyser cette performance, nous avons contacté Aurélien Dunand-Pallaz, vainqueur de la Hardrock 100 et de la Diagonale des Fous en 2023. Il a noté que la distance parcourue par Dhiman sur Strava était de 170 km, alors que l’UTMB annonce 173,6 km. « Il y a quelques modifications par rapport à 2025 qui peuvent expliquer cet écart de 15 minutes », a-t-il déclaré.
Un autre facteur à prendre en compte est le retrait de la section des pyramides calcaires, qui a permis de gagner environ 25 minutes. « Éviter cette portion réduit la fatigue accumulée, ce qui est un avantage considérable », a ajouté Dunand-Pallaz. Les conditions météorologiques ont également été favorables, avec des températures modérées et un départ décalé de deux heures, évitant ainsi les orages.
Simon Gosselin, entraîneur de Baptiste Chassagne, a souligné que les chemins du Tour du Mont-Blanc sont devenus plus praticables au fil des ans, ce qui pourrait également influencer les temps de course. Malgré ces améliorations, il reste difficile de justifier un tel écart de temps d’une édition à l’autre. Caleb Olson, qui a terminé 3e, a reconnu que 18h16 était un chrono exceptionnel, mais il a également noté que les conditions étaient idéales.
La performance de Dhiman a été qualifiée par plusieurs experts de « meilleure performance de tous les temps » sur l’UTMB. Aurélien Dunand-Pallaz a même estimé que le temps de Baptiste Chassagne, 18h47, pourrait être considéré comme la deuxième meilleure performance de l’histoire de la course.
D’autres coureurs français ont également brillé, avec Virgile Moriset et Antoine Charvolin terminant respectivement 4e et 8e lors de leur première participation. Du côté féminin, Blandine L’Hirondel a fait sensation en devenant la première femme à finir l’UTMB en moins de 22 heures, malgré deux chutes dans le dernier tronçon.
Lilian Gugliero, entraîneur de Blandine, a souligné l’évolution des entraînements et de la récupération, qui pourrait expliquer ces performances remarquables. Toutefois, il a mis en garde sur l’importance de la santé des athlètes, car la vitesse accrue peut avoir des conséquences mécaniques sur le corps.
