France

Un quart des Françaises victimes de violences gynécologiques, réflexion humiliante et acte brutal

L’enquête menée entre le 30 juillet et le 31 décembre 2025 a interrogé 10.152 personnes sur les violences gynécologiques et obstétricales, révélant que 28,7 % des répondants ont subi des violences gynécologiques et 24,5 % des violences obstétricales. Près de 40 % des personnes sondées signalent avoir subi des discriminations dans leur parcours de soins, liées au sexe, au poids, à la race, à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre, au handicap, ou aux choix reproductifs.


« Ponction ovarienne sans anesthésie générale. Je hurlais de douleur et leur demandais d’arrêter. Le docteur a continué et a juste demandé à l’infirmière de me mettre le masque pour que je me calme »… C’est l’un des nombreux témoignages recueillis par l’association Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques (StopVOG) dans le cadre de son enquête* sur le consentement en gynécologie. Les résultats de ce premier sondage national, réalisé auprès de 10.152 personnes, sont publiés ce jeudi.

Ceux-ci mettent en lumière des réflexions infantilisantes ou humiliante, des remarques déplacées sur le poids, des actes médicaux intrusifs, brutaux ou même non consentis. Vingt-quatre ans après la « loi Kouchner » qui a établi le droit à un consentement libre et éclairé pour tout acte médical, l’association a souhaité évaluer l’ampleur des violences gynécologiques et obstétricales, allant des paroles déplacées aux palpations mammaires effectuées sans le consentement de la patiente.

**Une femme sur quatre**

Parmi les plus de 10.000 personnes interrogées, 28,7 % rapportent avoir subi des violences gynécologiques et 24,5 % des violences obstétricales. L’enquête révèle qu’au-delà d’une personne interrogée sur deux, un examen a déjà été poursuivi malgré la douleur ressentie et la volonté de la patiente d’y mettre fin. Plus gravement, 4,1 % des répondants signalent que l’examen a été réalisé malgré un refus explicite.

Près de 40 % des sondés déclarent également avoir fait l’expérience de discriminations durant leur parcours de soins. Sexisme, grossophobie, racisme, discriminations liées à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre, au handicap, aux choix reproductifs… Les motifs de discrimination sont variés.

**Gynécologues, radiologues, sages-femmes**

Les gynécologues sont mentionnés par près de 40 % des participants à l’enquête comme auteurs de ces violences, tandis que près de 15 % citent d’autres médecins tels que les radiologues, anesthésistes, échographistes et médecins généralistes. Les sages-femmes sont signalées par 12,7 % des victimes interrogées. D’autres professionnels de la santé, y compris les internes et externes en médecine, ainsi que les infirmières puéricultrices, les ostéopathes et les kinésithérapeutes, sont également mentionnés.

Si le manque de formation sur la question du consentement peut expliquer certaines de ces violences, l’asymétrie de la relation médicale en est aussi une cause. Ainsi, 84,6 % des personnes interrogées estiment qu’il est difficile de refuser un examen proposé par un professionnel de santé.

**Une limite méthodologique**

Cependant, l’enquête comporte une limite méthodologique. Le questionnaire ayant été diffusé sur les réseaux sociaux, ainsi que par des associations, syndicats et médias, il a pu attirer davantage de personnes ayant vécu des expériences traumatiques.

Ces violences peuvent engendrer de lourdes conséquences : traumatismes psychologiques, perte de confiance ou encore, pour une personne sur deux, un impact direct sur le suivi médical, que ce soit par la peur de consulter ou par le fait d’y avoir renoncé.

* enquête réalisée auprès de 10.152 personnes entre le 30 juillet et le 31 décembre 2025 via un questionnaire en ligne diffusé sur les réseaux sociaux et par des associations, syndicats et médias.