Transfert des orques de Marineland vers l’Espagne : dates et débats.
La direction de Marineland a annoncé viser un transfert de ses deux orques et de douze dauphins vers l’Espagne avant le mois de juin. Le complexe de cinq bassins où évoluent Wikie et son fils Keijo, construit en 2001, présentait une « dégradation structurelle avancée ».
Est-ce enfin la fin de deux ans d’impasse ? Vendredi, la direction de Marineland a annoncé son intention de transférer ses deux orques et douze dauphins vers l’Espagne avant le mois de juin.
Le parc, fermé depuis janvier 2025 en raison de la loi de 2021 sur le bien-être animal qui interdit les spectacles et le maintien en captivité des cétacés, ainsi qu’une baisse progressive de la fréquentation, attendait l’autorisation du gouvernement depuis près de deux ans. 20 Minutes fait le point sur ce transfert controversé.
Un transfert vers l’Espagne
Wikie (24 ans) et son fils Keijo (12 ans) devraient être transférés vers le site de Loro Parque à Tenerife, qui appartient à un concurrent de Parques Reunidos, le groupe espagnol propriétaire de Marineland.
Les dauphins, quant à eux, seraient répartis dans deux parcs à Valence et à Malaga, avant que certains ne retournent à Beauval (centre ouest) lorsque le Zoopark, un projet de delphinarium également controversé, sera prêt à les accueillir.
Un transfert par avion
Le transfert devra se faire par avion-cargo, avec un coût s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Cette opération doit obligatoirement se réaliser avant le mois de juin, afin d’éviter un report à cause de la chaleur excessive durant l’été. « Les équipes de Loro Parque sont actuellement en train de travailler pour définir les dernières modalités internes qui permettront de réaliser ce transfert », a précisé Pascal Ferracci, PDG de Marineland, ajoutant qu’il s’agit d’une « question de semaines ».
Une situation urgente
Marineland attendait depuis deux ans d’être en mesure de transférer ses orques et ses dauphins vers des parcs à l’étranger. La condition des deux cétacés était particulièrement « urgente », selon un rapport d’experts rendu en février 2026. Le complexe de cinq bassins où vivent Wikie et Keijo, construit en 2001, montre une « dégradation structurelle avancée ». Un risque d’effondrement menaçait de conduire à une euthanasie des deux orques.
Les deux vétérinaires désignés par la justice à la demande de l’ONG Sea Shepherd avaient également rappelé que les orques sont des animaux sociaux qui ont besoin de vivre en groupe, et qu’avant la loi de 2021, la réglementation stipulait qu’il devait y avoir au moins trois orques. Des polémiques, telles que la stimulation sexuelle de l’orque Keijo pour une revente présumée de sa semence, avaient émaillé l’actualité ces dernières années.
Un transfert longtemps refusé
Le gouvernement français s’était longtemps opposé à ce transfert, plaidant pour des solutions plus conformes à la loi de 2021. Cependant, les projets de sanctuaires en semi-liberté pour ces animaux nés en captivité n’avançaient pas à la même vitesse que la dégradation des bassins.
Le ministère de la Transition écologique avait déjà refusé le transfert vers le Japon et avait affirmé que les autorités espagnoles étaient réticentes à un transfert vers un parc à Tenerife. Mais cette fois, l’autorisation a été accordée. « Ne rien faire condamnerait les deux orques à une mort certaine », a commenté Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, lors d’une visite du parc désert. Il a assuré que le gouvernement avait pris la décision de créer « toutes les conditions pour leur transfert possible et souhaitable en Espagne ».
Un transfert controversé
Les ONG critiquent ce transfert, qu’elles considèrent comme une « trahison de l’esprit de la loi de 2021 », soulignant que les deux orques continueront d’être utilisées pour divertir le public, voire de se reproduire, dans les bassins plus petits du parc de Tenerife.
Dans un communiqué envoyé à la rédaction de 20 Minutes, Muriel Arnal, présidente de l’association One Voice, a dénoncé ce transfert comme un « arrêt de mort pour les orques Wikie et Keijo ». « Les mots manquent face à ce qui attend Wikie et Keijo à Loro Parque. Nous y étions samedi dernier, la souffrance des orques déjà captives là-bas est bouleversante », a-t-elle déclaré, appelant au « courage du gouvernement espagnol ».
« Il n’existe aucune urgence autre que celle du groupe Parques Reunidos, propriétaire de Marineland, qui cherche à récupérer les terrains pour d’autres projets commerciaux », a critiqué l’ONG Sea Shepherd. La semaine dernière, l’association « C’est Assez » a promis d’engager tous les recours possibles devant les tribunaux pour empêcher le transfert.
D’autres ONG comme TideBreakers plaident également pour des sanctuaires, mais estiment qu’il est trop tard pour Wikie et Keijo, notant que les cas se multiplient dans le monde avec le renforcement des lois et la fermeture des parcs aquatiques.

