France

Taches de sang, maire mis en examen : annulée, l’élection municipale bretonne

Le 22 mars, les listes de Michel Daugan et d’Elisabeth Bordeau avaient chacune recueilli 514 voix. La justice a décidé d’annuler l’élection municipale à Plouasne et la commune devra revoter.


L’élection municipale a débouché sur une égalité parfaite. Le 22 mars, les listes de Michel Daugan et d’Elisabeth Bordeau ont chacune obtenu 514 voix. Le maire de Plouasne, petite commune des Côtes-d’Armor, a été élu uniquement parce que sa liste comptait une moyenne d’âge plus élevée. Michel Daugan, âgé de 79 ans, a donc été réélu dans un climat relativement tendu, marqué par des contestations. Récemment, la justice a annulé ce scrutin. Peu après, le nouvel élu a été mis en examen et placé en détention provisoire suite à la mort d’une habitante de Plouasne.

Michel Daugan et un de ses adjoints sont suspectés d’avoir voulu hospitaliser de force une femme souffrant de troubles psychiatriques. Cette dernière est finalement décédée, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête. Cette enquête a-t-elle pu influencer la décision du tribunal administratif ? A priori, non. Cependant, la justice a tout de même choisi d’annuler l’élection municipale, après avoir été saisie par la candidate déchue.

Au cœur des débats : un bulletin au nom d’Elisabeth Bordeau, déclaré nul en raison de taches de sang. Le tribunal a jugé que ces taches, apparaissant au verso du bulletin, étaient d’un « caractère fortuit » et que ce suffrage aurait dû être compté en faveur de la candidate, lui assurant ainsi la victoire.

Le préfet des Côtes-d’Armor a également introduit un recours pour faire annuler le second tour de l’élection à cause d’une procuration considérée comme « irrégulière. » La justice administrative a donné raison au préfet, en estimant que ce vote « ainsi exprimé l’a été irrégulièrement. »

La commune de Plouasne, qui compte 1.800 habitants, va donc devoir revoter. D’autant que le maire, mis en examen pour violences en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner et pour arrestation arbitraire suivie de mort, a annoncé sa démission début mai.