France

Sujets prioritaires du G7 de l’environnement à Paris : lesquels ?

Une réunion du G7 consacrée à l’environnement se tient jeudi et vendredi à Paris pour discuter de la biodiversité, des océans et de la désertification, mais en évitant d’aborder la question climatique. La France espère dévoiler un financement allant jusqu’à 800 millions de dollars pour la protection de parcs naturels dans une vingtaine de pays africains.

Un G7 consacré à l’environnement se tiendra jeudi et vendredi à Paris, afin de discuter de la biodiversité, des océans et de la désertification, tout en évitant d’aborder la question climatique, pour ne pas contrarier les États-Unis de Donald Trump.

La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a invité ses homologues de ce club de pays industrialisés et des représentants d’autres partenaires, notamment des pays qui accueilleront bientôt des conférences sur la désertification (Mongolie) et la biodiversité (Arménie).

Protection de la biodiversité, des océans, de l’eau

Cinq priorités ont été définies pour les discussions : « financer la protection de la biodiversité, préserver l’Océan, sécuriser les ressources en eau, souligner les liens entre désertification et sécurité et accroître la résilience de nos territoires ainsi que de nos infrastructures face aux risques naturels ».

En revanche, la question climatique ne sera pas sur la table, malgré la progression du réchauffement terrestre et océanique. Il en va de même pour la sortie des énergies fossiles, sujet discuté récemment lors d’une réunion d’environ cinquante pays à Santa Marta, en Colombie (24-29 avril).

« Un G7 au rythme des États-Unis ne peut prétendre répondre aux crises du siècle s’il évacue le climat, ignore les inégalités de genre et s’enferme dans une vision énergétique à court terme », déplore Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau action climat (RAC), qui regroupe de nombreuses ONG. « En cédant aux pressions, il affaiblit l’action collective et renonce à son potentiel rôle moteur », ajoute-t-elle.

« Privilégier l’unité du G7 »

La France a décidé de ne « pas aborder de front la question du climat » afin de ne pas irriter les États-Unis, membre de ce club de pays riches aux côtés du Japon, du Royaume-Uni et de l’Allemagne.

« Nous avons voulu privilégier l’unité du G7, notamment pour protéger cette enceinte. Nous avons donc choisi de nous concentrer sur des sujets moins conflictuels », a déclaré l’entourage de Monique Barbut, quelques semaines avant un sommet du G7 des chefs d’États en juin à Evian, sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Le retour début 2025 de Donald Trump à la Maison-Blanche, connu pour son climatoscepticisme, a entraîné un recul en matière de protection climatique, allant du retrait de l’Accord de Paris à la suppression de nombreuses normes environnementales aux États-Unis.

Un signe du peu d’intérêt des États-Unis pour ce G7 est que leur représentante sera Usha-Maria Turner, administratrice adjointe aux Affaires internationales et tribales à l’Agence américaine de protection de l’environnement, un poste de direction de second niveau.

800 millions de dollars pour les parcs naturels

Cependant, la France espère séduire l’administration Trump et ses autres partenaires avec son initiative « alliance pour le financement de la nature et des peuples », visant à encourager les financements publics et privés pour la protection de la biodiversité.

À cette occasion, elle souhaiterait annoncer un financement allant jusqu’à 800 millions de dollars pour la protection de parcs naturels dans une vingtaine de pays africains, selon des sources proches du dossier. « Ces financements doivent être additionnels et ne pas compenser un retrait parallèle des États, notamment de la France », estime Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France.

Parmi les autres objectifs de ces rencontres, figure l’élaboration d’une déclaration politique sur la désertification et la sécurité. Des sessions sur les océans auront aussi lieu dans le but de lancer une alliance des aires marines protégées.