Sommet au Kenya : Emmanuel Macron ne demande pas de bruit sur scène
Emmanuel Macron s’est fait remarquer ce lundi au premier jour du sommet franco-africain de Nairobi. Le sommet, intitulé « Africa Forward » ( « En avant l’Afrique »), est organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, et s’est ouvert lundi par une journée d’échanges avec la jeunesse et la société civile.
Emmanuel Macron a fait forte impression ce lundi lors du premier jour du sommet franco-africain de Nairobi. Alors que des responsables prenaient la parole, le président français s’est levé de sa chaise et a rejoint la scène pour prendre le micro. « Déjà ? Vous n’attendez pas votre tour ? », a réagi l’animatrice, visiblement surprise. « Je vais mettre de l’ordre », a répondu le chef de l’État dans un anglais parfait.
Il s’est ensuite adressé au public : « Excusez-moi. Hey ! Hey ! Hey ! Je suis désolé les amis, mais il est impossible de parler de culture dans un tel vacarme, alors qu’on a (sur scène) des gens très enthousiastes qui font un discours, c’est un manque de respect total », a-t-il exprimé, visiblement agacé.
Il a poursuivi en proposant : « Je vous propose donc ceci : si vous souhaitez avoir des entretiens bilatéraux ou discuter d’autre chose, vous disposez de salles réservées à cet effet ou vous pouvez sortir. Si vous souhaitez rester ici, nous écouterons les gens », suscitant des applaudissements dans l’assistance.
Une première
Ce sommet, intitulé en anglais « Africa Forward » ( « En avant l’Afrique »), se déroule pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, et a débuté lundi par une journée d’échanges avec la jeunesse et la société civile, suivie d’une journée plus intergouvernementale mardi. « Normalement, ce type de sommet aurait commencé par une rencontre entre les dirigeants français et africains », a expliqué Emmanuel Macron, qui aspire à promouvoir une relation renouvelée avec le continent, après des années de difficultés rencontrées dans plusieurs ex-colonies francophones.
Selon Emmanuel Macron, dans les formats précédents, les dirigeants français auraient pris la parole pour dire aux Africains : « Voilà ce qui est bon pour vous, on va vous aider ». « C’est plus du tout ce dont l’Afrique a besoin et ce qu’elle veut entendre », a-t-il affirmé, citant son hôte, le président kényan William Ruto. Il a également ajouté : « Ça tombe bien parce que, nous, on n’a plus totalement les moyens non plus, si on est lucide », provoquant des rires dans l’amphithéâtre de l’université de Nairobi, en référence à la diminution de l’aide publique au développement, en France comme dans d’autres pays occidentaux confrontés à des crises budgétaires.

