Belgique

Hantavirus : un passager espagnol testé positif sur un bateau de croisière

Un passager espagnol évacué du navire de croisière MV Hondius a été testé positif au hantavirus, mais ne présente pas de symptômes selon les autorités sanitaires espagnoles. Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes, dont deux cas confirmés d’infection à l’hantavirus et un cas probable.


Un passager espagnol évacué du navire de croisière MV Hondius a été testé positif au hantavirus, mais ne présente pas de symptômes, ont déclaré les autorités sanitaires espagnoles lundi soir.

« Un passager espagnol isolé à l’hôpital Gómez Ulla (un hôpital militaire à Madrid) a obtenu un résultat provisoire positif au test PCR effectué à son arrivée. Actuellement, il ne présente aucun symptôme et son état général est bon », a précisé le ministère de la Santé, ajoutant que « les résultats définitifs seront connus dans les prochaines heures » et que les 13 autres Espagnols testés ont donné des résultats négatifs.

Le navire de croisière est attendu dimanche à Rotterdam. « Le navire restera à quai le temps minimum nécessaire pour garantir la sécurité des passagers et des membres de l’équipe d’évacuation », a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué avant le début de l’opération d’accostage, qui a duré une dizaine de minutes peu après 16h30 GMT. Les autorités régionales des Canaries s’étaient opposées à l’accostage du Hondius, considérant que le bateau aurait dû débarquer ses occupants au Cap-Vert, où la croisière s’était achevée.

Le départ du Hondius du port de Granadilla était prévu initialement autour de 18 heures. Deux avions sont désormais attendus pour transporter dans la soirée les 28 derniers occupants vers les Pays-Bas, dont quatre Australiens, selon le ministère de la Santé, qui avait mentionné auparavant un seul vol.

De plus, 26 membres de l’équipage devaient rester à bord du Hondius pour retourner aux Pays-Bas, emportant le corps d’une Allemande décédée après une contamination, a précisé sur X la ministre espagnole de la Santé, Mónica García.

« Je ne souhaite rien de plus à chacun, passagers comme membres de l’équipage, que de pouvoir rentrer chez soi sain et sauf et en bonne santé », a déclaré le commandant du Hondius dans une vidéo diffusée par son exploitant néerlandais Oceanside Expeditions. « En tant que capitaine du Hondius, mon travail consiste à diriger mon équipage, à veiller sur mes passagers et à ramener le navire sain et sauf au port. Et notre responsabilité ne s’arrête pas là », a-t-il ajouté.

Parmi les 94 croisiéristes et membres de l’équipage de 19 nationalités déjà évacués, un Américain et une Française ont également été testés positifs au hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Face à la presse, Mónica García a défendu le dispositif mis en place par les autorités sanitaires, assurant que des tests PCR seraient réalisés dans les pays d’origine après le rapatriement. « Nous avons pris toutes les précautions », a-t-elle assuré, insistant sur « l’ampleur du traçage et de la surveillance » effectués par les autorités espagnoles.

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées, avec deux cas confirmés d’infection au hantavirus et un autre supposé. Au total, six cas confirmés et un autre probable ont été signalés, selon un comptage de l’AFP basé sur des données officielles.

« En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d’incubation (pouvant aller jusqu’à six semaines), il est possible que nous constations d’autres cas parmi d’anciens passagers et membres d’équipage dans les semaines à venir », a averti Pamela Rendi-Wagner, directrice d’une agence sanitaire de l’UE dans un communiqué. Un autre passager américain présente des « symptômes légers », selon le ministère américain de la Santé, tandis que le gouvernement français a identifié 22 cas contacts en France, appelant à ne pas céder à « la panique ».

La crise à bord du MV Hondius évoque des souvenirs de la pandémie de Covid, bien que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que la situation actuelle n’est pas comparable à celle de 2020. La variante de virus présente à bord, l’hantavirus Andes, est une souche rare pouvant se transmettre d’être humain à être humain.

L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, plus souvent par leur urine, leurs excréments et leur salive. Considérées comme des « contacts à haut risque » par l’OMS, les personnes évacuées du Hondius feront l’objet d’une surveillance durant plusieurs semaines, en plus d’une quarantaine, selon les protocoles de chaque pays. « L’isolement des malades mis en place sans délai interrompt rapidement la chaîne de transmission », a expliqué Raúl González Ittig, biologiste pour l’Agence nationale de recherche scientifique de l’Argentine, qui a connu un foyer d’hantavirus ayant causé 11 morts en 2018-2019.

Enfin, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez rencontrera mardi matin à Madrid le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour la deuxième fois en quatre jours, selon ses services.