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Royaume-Uni : Andy Burnham, favori pour succéder à Keir Starmer, rassure les marchés financiers

Andy Burnham est le grand favori pour succéder à Keir Starmer comme Premier ministre du Royaume-Uni. Dans son discours après sa victoire à une législative partielle vendredi, il a déclaré que « l’économie du ruissellement – cette idée libérale selon laquelle les richesses créées au sommet finissent par profiter à tous » devait être remise en question.


Andy Burnham est le principal prétendant pour remplacer Keir Starmer en tant que Premier ministre du Royaume-Uni. Considéré comme un homme de gauche, il a multiplié les efforts pour apaiser les marchés financiers inquiets de son profil. Cependant, il n’a pas abandonné ses projets de renationalisation partielle des services d’eau et d’énergie. Quelle est sa vision pour le Royaume-Uni et comment prévoit-il de rassurer les marchés ? Faisons le point.

### Quel cap pour l’économie ?

L’ancien maire de Grande Manchester, qui doit prononcer un discours important sur l’économie la semaine prochaine, reste vague sur ses intentions. Lors de son allocution après sa victoire à une élection législative partielle vendredi, il a principalement critiqué « l’économie du ruissellement », cette idée libérale qui affirme que les richesses créées au sommet profitent finalement à tous. « Nous devons faire baisser les factures d’eau, les factures d’énergie, les tarifs ferroviaires, tout comme nous avons fait baisser les tarifs des bus dans le Grand Manchester, afin de rendre la vie plus abordable », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour « un nouvel élan de réindustrialisation » par le biais de « la commande publique », laissant entrevoir davantage de dépenses.

Il a toutefois promis de respecter les règles budgétaires établies par l’actuelle ministre des Finances Rachel Reeves : parvenir à un équilibre entre dépenses courantes et recettes fiscales, en admettant la nécessité de réduire la dette du Royaume-Uni. Malgré ces engagements, il pourrait envisager des réformes fiscales, « revenir sur la politique du gouvernement en matière de migration de travailleurs et d’étudiants », ou encore « tracer la voie vers une relation économique bien plus étroite avec l’UE » pour stimuler la croissance, estime Jonathan Portes, économiste au King’s College de Londres.

Celui qui avait un temps exprimé le souhait de voir le Royaume-Uni revenir dans l’UE de son vivant a récemment déclaré qu’il respectait le résultat du référendum sur le Brexit de dix ans.

### Qu’en pensent les marchés ?

Longtemps considéré comme une source d’inquiétude pour les marchés à cause d’un positionnement jugé plus à gauche que celui de Keir Starmer, Andy Burnham, qui se décrit comme un partisan d’un « socialisme favorable aux entreprises », n’a pas suscité de turbulences majeures à l’approche du pouvoir. « La livre sterling et les gilts (obligations d’État britanniques, dont la hausse des rendements indique une défiance des marchés envers la dette du Royaume-Uni, ndlr) se maintiennent pour l’instant », remarque Matthew Ryan, analyste chez Ebury.

Néanmoins, « la transition elle-même », qui durera au moins jusqu’au 16 juillet, « va introduire une période d’incertitude que les marchés trouveront inconfortable », ajoute-t-il. Si le gouvernement « met en place une stratégie économique et budgétaire crédible, les marchés resteront calmes », assure Jonathan Portes. Selon lui, « cela n’exclut pas une modification relativement mineure des règles budgétaires afin de permettre un peu plus d’emprunts pour l’investissement, mais pas pour les dépenses courantes ».

### Qui aux Finances pour rassurer la City ?

Le nom d’Ed Miliband, actuel ministre de l’Énergie, a souvent été cité. Toutefois, son ancrage à l’aile gauche du parti le rend risqué aux yeux des marchés. « Un changement de Premier ministre […] ne changera pas les réalités budgétaires », prévient Ruth Gregory, chez Capital Economics, affirmant que le choix du nouveau Chancelier de l’Échiquier (titre officiel du ministre des Finances, ndlr) sera « déterminant ».

Ces figures de l’aile gauche « pourraient être plus enclines à augmenter les dépenses et l’endettement que celles de l’aile droite modérée (du Labour), qui chercheraient probablement à compenser toute hausse des dépenses par des réductions ailleurs ou par des hausses d’impôts », ajoute-t-elle.

Parmi les personnalités de ce courant mentionnées pour le poste aux Finances, elle cite la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, la cheffe de la diplomatie Yvette Cooper, le ministre du Travail Pat McFadden, ainsi que l’ex-ministre de la Santé Wes Streeting, qui était en lice pour succéder à Starmer, mais qui vient d’annoncer son soutien à Burnham. Pour les marchés, la préférence se porterait sur une continuité incarnée par Rachel Reeves, selon Matthew Ryan d’Ebury.

Symbole de rigueur budgétaire depuis deux ans, Reeves peut se prévaloir de quelques signaux encourageants (baisse de l’inflation et croissance meilleure que prévu), bien que le choc énergétique provoqué par le conflit au Moyen-Orient ait assombri les perspectives.