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Roland-Garros 2026 : Un tournoi passionnant malgré des absences et des matchs fous

À la fin de Roland-Garros 2026, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner seront remerciés pour leurs malheurs respectifs, à savoir une blessure au poignet et un probable coup de chaud. Au total, 31 matchs en cinq manches ont été joués depuis le premier dimanche.

De notre envoyé à Roland-Garros,

À l’issue de ce Roland-Garros 2026, il conviendra de remercier Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, comme cela a été le cas après leur finale mémorable l’année dernière. Cette fois, il s’agira de rendre hommage à leurs mésaventures respectives – une blessure au poignet pour l’un et un probable coup de chaud pour l’autre – même si cela pourrait nous rendre moralement contestables.

Lorsque les meilleurs ne sont pas présents, cela laisse place à une compétition passionnante. Leur absence a ouvert la voie à de nouveaux vainqueurs de Grand Chelem, tant chez les hommes que chez les femmes. Avant même la fin du tournoi, il est déjà possible de l’affirmer : il n’y a pas de souvenir d’un Roland-Garros plus captivant que celui-ci. Pas convaincus ? Nous avons quelques arguments à avancer.

Une vitrine spectaculaire pour les matchs en cinq sets

Où sont passés les réformateurs de pacotille, obsédés par l’attention des jeunes générations, parfois incompatibles avec les marathons en cinq sets ? Ils n’étaient certainement pas sur le Court Suzanne Lenglen, dans la nuit de lundi à mardi, pour voir Matteo Arnaldi venir à bout de Frances Tiafoe en 5h26, et encore moins sur le court numéro 7, samedi dernier, où Martin Landaluce et Juan Manuel Cerundolo ont multiplié les échanges pendant 5h58, établissant ainsi le match le plus long de l’histoire du tournoi depuis l’introduction du super tie-break. Au total, 31 matchs en cinq manches ont eu lieu depuis le premier dimanche. Ce Roland-Garros est placé sous le signe de l’effort intense. En somme, une grande promotion pour les cinq sets.

La déclaration de Justine Hénin, consultante pour France TV : « Il ne faut pas toucher ce format, parce qu’il est unique chez les hommes. Je sais que tout le monde ne voit pas ça d’un bon œil, mais moi je l’aime bien. Il y a cette idée qu’il faudrait, dans notre époque, avoir du spectacle en permanence pendant 5h30. L’année passée, Sinner et Alcaraz nous ont donné un grand spectacle pendant 5h29, mais aussi avec des creux, forcément, pas beaucoup, mais il y a des matchs, où c’est le cas. Le tennis est un sport de fou, ça bascule d’un côté à l’autre, mais est-ce que ce n’est pas ça qu’on aime dans ce sport ? De se dire que tout est un peu possible en permanence. Moi je l’aime pour ça. »

Des surprises à tous les niveaux

L’été s’est manifesté plus tôt que prévu à Paris, et il a emporté Jannik Sinner en cours de route. La surprise majeure reste la victoire spectaculaire de Juan Manuel Cerundolo au second tour, tandis que le numéro un mondial était à un jeu de conclure le match en trois manches dans des circonstances floues. D’autres parcours improbables ont également jalonné la compétition. Par exemple, Ben Shelton a été éliminé en trois sets par Raphaël Collignon.

On notera aussi la performance de deux qualifiés en deuxième semaine : le lucky loser Jesper De Jong, qui a mis fin au parcours de Stan Wawrinka sur le Simonne-Mathieu et a battu Karen Khachanov avant de s’incliner face au nouveau favori Alexander Zverev. Chez les femmes, Maja Chwalinska réalise un parcours surprenant à l’aube de sa troisième semaine à Paris. Dommage pour nous, sa dernière victime est Diane Parry.

La déclaration d’Amélie Mauresmo, directrice du tournoi : « C’est une édition surprenante, mais qui a de quoi ravir tout le monde. Je me réjouis vraiment de voir cette dernière semaine de tournoi, pour voir ce qu’il va se passer dans les deux tableaux principaux. »

Une génération de jeunes audacieux à l’affiche

Jakub Mensik, João Fonseca et Rafael Jodar. Si l’on doit retenir une chose du tableau masculin, c’est que ces trois jeunes ont parfaitement saisi l’opportunité de se faire connaître lors de ce Grand Chelem. L’Espagnol et le Brésilien ont atteint la deuxième semaine pour la première fois, tandis que le Tchèque a amélioré sa performance précédente dans un tournoi majeur (il avait atteint les 8es de finale à l’Open d’Australie).

Si Jodar a bénéficié d’un tableau relativement accessible avant de se heurter à Zverev, Fonseca a dû affronter le champion Djokovic et le double-finaliste Casper Ruud, tandis que Mensik a éliminé Alex de Minaur et Andrey Rublev. Trois joueurs prometteurs qui suscitent l’admiration et dont l’émergence se déroule sous nos yeux.

Les déclarations de…

Mats Vilander : « À 17, 18, 19 ans, tu joues sans peur, tu n’as pas de pression. Eux, ils n’ont pas de pression. »

Justine Hénin : « Ce qu’on voit avec cette jeune génération, c’est qu’ils vont chercher un premier quart de finale en Grand Chelem en ayant tous été sacrément bousculés, que ce soit Jodar, Mensik ou Fonseca. Ils montrent une force mentale assez exceptionnelle. Sur le plan physique, ils ont encore des choses à peaufiner. C’est prometteur. »

Moïse Kouame redonne espoir à la France

Pour finir, avec le forfait d’Arthur Fils, on pensait dire adieu aux espoirs tricolores dès le 2e tour de Roland. Mais avec Moïse Kouame, nous avons vibré encore un tour de plus. Le jeune homme de 17 ans incarne une belle promesse, avec un jeu audacieux et plein de fraîcheur. Pour sa première dans la catégorie senior, il a éliminé un vainqueur de Grand Chelem en trois sets, battu le 71e mondial au super tie-break et s’est incliné honorablement au tour suivant en tenant tête au 36e joueur mondial. On espère le revoir dès l’année prochaine !

La déclaration d’Ivan Ljubicic, directeur du haut niveau à la Fédération française de tennis (FFT) : « Moïse continue de montrer des signes très importants. Je ne parle pas seulement des résultats, mais de sa façon d’affronter les situations. Il est prêt à réaliser de grandes choses. Après son premier tour, il a même évoqué la possibilité de gagner le tournoi. Ce sont des paroles qui peuvent sembler excessives, surtout ici en France, mais pourquoi pas ! Il faut accepter le défi et rêver. Lui ne se fixe pas de limites. »

D’autres points pourraient être mentionnés : le parcours satisfaisant de Diane Parry, la première semaine sans pluie, le faux drame avec Jodar et les ramasseurs de balle, le quasi-vol de la raquette de Tiafoe, le spectacle de Gaël Monfils, le retour des affiches féminines en nocturne…