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Rentrée scolaire 2026 : enseignants sans affectation, certains attendent, d’autres pointent à France Travail

« Nous souhaitons simplement pouvoir exercer notre métier ». Nicolas*, comme « 24 autres candidats » de l’académie de Rennes, se trouve dans l’attente d’une affectation en tant que professeur des écoles. Bien qu’il ait satisfait aux exigences du CRPE (concours de recrutement de professeurs des écoles) qu’il a réussi cette année, il figure sur la « liste complémentaire », qui devrait lui permettre d’occuper un poste vacant et de continuer sa formation.

Cette année, selon les informations de l’académie, seulement « quatre personnes » de cette liste ont été appelées. Les autres candidats doivent donc faire preuve de patience. L’enjeu est crucial : « les candidats non appelés avant le 30 septembre perdent le bénéfice de leur concours » et devront le repasser, souligne Emmanuelle Maray, secrétaire du syndicat FSU-SNUipp en Ille-et-Vilaine.

À l’approche de la rentrée, les lauréats de la liste complémentaire de l’académie de Rennes ont formé un collectif pour interpeller le rectorat. Leur principale préoccupation ? Être écartés au profit de contrats précaires. « Les académies privilégient l’embauche de contractuels en CDD qui n’ont pas réussi ou n’ont pas passé le CRPE », déplore le collectif. Caroline Brisedoux, secrétaire nationale à la CFDT éducation formation recherche publique, évoque des « choix politiques et budgétaires » à ce sujet. Bien que certains syndicats académiques demandent que les listes complémentaires soient favorisées, cela n’est pas appliqué uniformément.

L’académie de Rennes a répondu aux préoccupations en précisant que « l’appel des lauréats sur liste complémentaire et l’embauche de CDD sont deux choses distinctes ». Les contractuels sont uniquement sollicités pour des postes temporaires, tandis que les lauréats de la liste complémentaire sont contactés en cas de désistement sur la liste principale. Jusqu’à présent, tous les candidats sur liste complémentaire « étaient appelés chaque année », mais pour cette rentrée, l’académie admet ne pas avoir appelé le reste de la liste. Elle souligne également que la Bretagne est une région « particulièrement attractive pour les enseignants ».

Caroline Brisedoux précise que « nous ne sommes pas opposés aux contractuels », mais questionne la proportion de ces derniers dans le système. Par ailleurs, certains enseignants en CDD se retrouvent sans affectation à la rentrée, après avoir été sollicités à plusieurs reprises.

Dans le secteur secondaire, la problématique de l’absence d’affectation touche surtout les contractuels, car le système de liste complémentaire n’existe pas dans les collèges et lycées. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-fsu, souligne que les rectorats ont souvent recours à ces contractuels, les plaçant dans des classes sans formation adéquate pour répondre à la politique de « un professeur devant chaque classe ». Cette année, certains de ces contractuels n’ont pas été renouvelés malgré les besoins, ce qui entraîne une rupture de lien avec l’Éducation nationale pour ceux qui se retrouvent sans contrat.

Du côté du ministère, la situation est jugée moins préoccupante. « Chaque rectorat gère ses recrutements en fonction des besoins et des situations individuelles des personnels contractuels », a déclaré un représentant du ministère. Il a également été précisé que la situation des contractuels non renouvelés fait « l’objet d’une attention particulière ».

Le nombre de postes d’enseignants vacants a diminué suite à la réforme du concours enseignant mise en œuvre cette année pour faire face à la crise du recrutement. Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a affirmé que « tous les indicateurs sont bien meilleurs que les années précédentes », notamment grâce à un taux de postes pourvus atteignant 98,5 % dans le premier degré cette année, contre 92,1 % l’année précédente, et 96,1 % dans le second degré, en comparaison avec 90,6 % à la rentrée 2025.