
« Rencontre avec Thomas, l’âme culinaire de Rock en Seine après la séparation d’Oasis »
Dans l’univers des festivals, il existe une catégorie de professionnels dont le travail est souvent invisible aux yeux du public. Thomas Médard, gérant de Little Big Catering, incarne parfaitement ce rôle. À la tête d’une équipe d’une vingtaine de personnes, il s’assure que les agents de sécurité, les techniciens, les artistes et bien d’autres bénéficient de repas nourrissants, bien que leur présence passe inaperçue.
Thomas Médard a grandi dans l’environnement de Rock en Seine, un festival où il a passé son enfance à explorer les coulisses. Son père, qui a été présent dès la première édition, lui a transmis cette passion pour le monde de la restauration. « Dès que j’ai pu marcher, j’ai commencé à traîner dans les cuisines », se remémore-t-il avec nostalgie. Pour lui, nourrir ceux qui œuvrent dans l’ombre est bien plus qu’un simple travail, c’est une vocation. Que ce soit lors d’un festival, d’un tournage avec Nagui, d’une publicité ou même d’un défilé pour Louis Vuitton, son objectif reste le même : rassembler les gens autour d’une bonne table.
L’histoire de Little Big Catering remonte à trente-deux ans, lorsque son père, restaurateur, a été sollicité pour participer à un festival en Suisse. C’est là qu’il a découvert le catering, une nouvelle façon de cuisiner qui l’a conduit à Rock en Seine. Thomas, bien qu’ayant eu la possibilité de rejoindre l’entreprise familiale sans effort, a choisi un chemin différent. « Je voulais mériter ma place », explique-t-il. Après avoir voyagé en Amérique du Sud et géré un bar à vin prestigieux, il a finalement trouvé sa voie dans le catering.
Le quotidien de Thomas est rythmé par des défis logistiques et des imprévus. Parmi ses souvenirs marquants, il évoque une expérience avec le groupe Oasis en 2009. Alors que le groupe devait se produire, il a préparé quinze pizzas, mais la séparation du groupe a conduit à une situation cocasse où il a dû partager ces pizzas avec sa famille. « On a tout mangé comme des cochons », raconte-t-il, illustrant ainsi l’esprit convivial qui règne dans son métier.
Après plus de trois décennies d’engagement familial, Thomas Médard envisage l’avenir avec des idées novatrices. Il aspire à intégrer davantage de produits végétaux et envisage même un potager. Son principal objectif demeure cependant inchangé : faire plaisir. Pour lui, la satisfaction des convives est la plus belle récompense. « L’apothéose, c’est quand on me dit qu’ils n’ont plus faim et que c’était incroyable », affirme-t-il. Si un jour il devait quitter ce milieu, il se verrait bien viticulteur, mais pour l’instant, sa place reste derrière la scène des plus grands festivals français, là où il contribue à nourrir ceux qui font vibrer le public.
