
Renard, belette, pie bavarde : espèces chassables ou capturables toute l’année ?
Les animaux qualifiés de « nuisibles » suscitent souvent des débats passionnés, notamment en ce qui concerne leur impact sur l’agriculture. Parmi eux, le renard et la belette, bien que semblables à certains de nos animaux de compagnie, sont responsables de dommages significatifs chaque année. Le gouvernement français, dans un arrêté publié au Journal officiel, a récemment mis à jour la liste des espèces pouvant être éliminées, permettant ainsi leur chasse, piégeage ou capture tout au long de l’année.
Les mammifères concernés, tels que la belette, la fouine et la martre, peuvent être piégés à proximité des bâtiments ou des exploitations agricoles. Ces petits carnivores, attirés par les œufs et les lapins, sont souvent à l’origine de pertes dans les élevages. Le renard, quant à lui, est particulièrement redouté dans les exploitations agricoles françaises. En 2025, le conseil d’Etat a estimé les dégâts causés par cet animal à plus de 334.000 euros dans les Deux-Sèvres et à plus de 207.000 euros en Dordogne. Sa régulation est possible toute l’année, que ce soit par piégeage ou par tir, avec une autorisation spécifique du préfet sur les terrains agricoles.
D’autres espèces, comme le corbeau freux et la corneille noire, sont également ciblées en raison des ravages qu’elles provoquent dans les cultures. Bien que leur élimination par tir soit autorisée, la destruction des nids est strictement prohibée. La pie bavarde, moins destructrice que d’autres, constitue néanmoins une menace pour certaines exploitations et les œufs d’autres oiseaux.
Les débats autour de ces pratiques sont vifs. Des organisations de protection des animaux, comme la Ligue de protection des oiseaux (LPO), s’opposent fermement à ces mesures. Allain Bougrain-Dubourg, son président, a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une approche irrationnelle et économiquement non viable. Selon lui, l’éradication des espèces nuisibles coûterait quatre fois plus cher que les dommages qu’elles causent. La LPO prévoit de contester cette décision devant le Conseil d’État.
De plus, une étude du Muséum national d’histoire naturelle, publiée dans la revue Biological Conservation, met en lumière l’inefficacité de l’élimination massive des animaux jugés nuisibles. Elle révèle que cette pratique ne réduit pas les pertes économiques attribuées à ces espèces et, pour certaines d’entre elles, n’affecte même pas leur population. Les conditions d’élimination varient selon les communes et les départements, et la question de la gestion de ces animaux continue de diviser l’opinion publique.
