
« Ras-le-bol fiscal : les buralistes se mobilisent toute la semaine en France »
Ce lundi marque le début d’une semaine de mobilisation pour les buralistes, qui se rassemblent à Muret, près de Toulouse, et à Redon en Bretagne, dans le cadre d’une série de manifestations à travers la France. L’objectif de ces actions est clair : obtenir un gel de la fiscalité sur le tabac et mettre un terme à l’indexation automatique des prix des cigarettes sur l’inflation, une mesure instaurée par la loi de finances de la Sécurité sociale pour 2023.
La Confédération des buralistes, qui représente environ 22 500 professionnels, a annoncé que des manifestations se dérouleront dans six villes du pays du 7 au 11 septembre. Dans son communiqué, elle souligne que l’augmentation mécanique des prix du tabac, prévue pour le 1er janvier prochain, est inacceptable. Selon l’organisation, cette situation a atteint ses limites, alors que les débats sur le prochain budget de l’État et de la Sécurité sociale approchent.
Les rassemblements se poursuivront avec des événements à Givors (Rhône) et Saverne (Bas-Rhin) mardi, suivis d’une manifestation mercredi à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Le plus grand rassemblement est prévu à Vernon (Eure) vendredi, une ville où le Premier ministre Sébastien Lecornu occupe le poste de premier adjoint au maire. La Confédération rappelle que cette crise touche particulièrement les villes moyennes, les centres-bourgs, ainsi que les zones rurales et périurbaines.
À Muret, les buralistes d’Occitanie expriment leurs craintes quant à une éventuelle augmentation du prix du paquet de cigarettes, qui pourrait passer de 13,50 euros à 14,50 euros début 2027. Ils dénoncent également la contrebande de tabac en provenance d’Espagne et d’Andorre, où les prix sont nettement inférieurs. Frédéric Pailhé, président des buralistes d’Occitanie, déclare : « On a déjà le paquet le plus cher d’Europe. C’est trop. La vente de cigarettes à la sauvette se développe, on assiste à une banalisation de la vente illégale. »
Ce trafic de cigarettes a des conséquences économiques notables, entraînant une baisse de la fréquentation des bureaux de tabac et une perte de recettes estimée à 30 % pour la profession, soit environ 5 milliards d’euros pour l’État.
Serdar Kaya, président de la Confédération, souligne l’urgence de la situation : « Nous avons beaucoup parlé, beaucoup alerté et beaucoup proposé. Pendant ce temps, les prix continuent d’augmenter, le marché parallèle prospère et notre réseau se fragilise. […] Nous demandons des décisions courageuses et responsables. » Xavier Dupont, trésorier général de la Confédération, ajoute : « On est vraiment arrivé à un point de bascule. Chaque euro, chaque centime rajouté au prix du paquet, c’est un cadeau fait aux trafiquants et aux réseaux mafieux. »
La mobilisation des buralistes reçoit également le soutien de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle, qui a exprimé dans une lettre ouverte son souhait de geler les taxes sur le tabac, affirmant que cette activité est « vitale pour la vie sociale » des communes.
