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Radio France : Les personnels votent la grève contre la chronique de Charles Sapin

Les tensions montent au sein de Radio France. Lors d’une assemblée générale tenue le 2 septembre 2026, les employés ont exprimé leur désaccord face à l’arrivée imminente de Charles Sapin, journaliste politique associé au magazine Valeurs actuelles, sur les ondes de France Inter. Les participants ont voté en faveur d’une grève si la direction ne retirait pas la chronique hebdomadaire qui lui est attribuée.

Dans une motion adoptée à l’unanimité, les membres du personnel ont clairement affirmé leur « refus catégorique » de cette nomination, soulignant que les valeurs véhiculées par Valeurs actuelles ne sont pas « compatibles » avec celles de la radio publique. L’intersyndicale a prévu de « déposer un préavis de grève dans les meilleurs délais » si la direction ne répond pas à leur demande.

Le climat de mécontentement s’est intensifié depuis l’annonce de cette décision, que la direction a justifiée par la nécessité de « pluralisme », en particulier en cette période électorale. Cependant, la motion souligne que « le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation de toutes les paroles », s’adressant directement à Sibyle Veil, présidente de Radio France, et à Céline Pigalle, directrice de France Inter.

La chronique de Charles Sapin suscite une forte « colère et incompréhension » parmi les employés et les auditeurs. Une centaine de personnes ont assisté à l’assemblée générale, où un représentant syndical a questionné : « Le pluralisme, jusqu’où ? » En effet, Valeurs actuelles, souvent critiqué pour ses positions très à droite, a été condamné par la justice à plusieurs reprises, notamment en 2021 pour avoir dépeint l’élue Danièle Obono de manière raciste.

Un autre syndicaliste a exprimé son indignation en déclarant : « On courbe la nuque devant ceux qui ont promis de nous décapiter », en référence aux accusations de partialité de l’audiovisuel public en faveur de la gauche, ainsi qu’à la menace de privatisation du secteur évoquée par le Rassemblement national. Ces préoccupations avaient conduit, l’année précédente, à la création d’une commission d’enquête parlementaire par l’UDR, un parti allié au Rassemblement national.