
« Qui sont les « septembristes » qui ne partent pas en vacances maintenant ? »
Les vacances d’été touchent à leur fin, et avec elles, les plages se vident peu à peu. Les cartables sont prêts, les maillots de bain sont rangés, et le mois de septembre s’installe, marquant le retour à la routine pour beaucoup. Toutefois, une frange de la population, les « septembristes », s’apprête à profiter d’une période de vacances décalées. Selon Dominique Lecea, consultant en tourisme chez In Extenso, ces voyageurs représentent « un Français sur quatre, soit sept millions de personnes ». Mais qui sont ces adeptes de la fin de l’été ?
Isabelle Frochot, maître de conférences à l’université Bourgogne-Europe, note un manque de données précises sur ce groupe. Elle tente néanmoins de dresser un portrait : « On y trouve des retraités actifs, des couples sans enfants, ainsi que des professions libérales et des autoentrepreneurs. Les jeunes actifs et ceux qui pratiquent le télétravail en profitent également », ajoute Dominique Lecea, soulignant l’élargissement du profil des vacanciers.
Le mois de septembre présente plusieurs avantages pour ces voyageurs. Les tarifs des hébergements, par exemple, sont souvent plus attractifs. « Dans des lieux comme le bassin d’Arcachon, les prix peuvent baisser jusqu’à -40 % », précise Lecea. Dans un contexte économique tendu, cette baisse est un atout considérable. De plus, la fréquentation des destinations touristiques diminue, permettant d’éviter les foules estivales. « Il y a un rejet de la saturation, une prise de conscience du surtourisme qui influence les choix », observe-t-il.
« L’ambiance en septembre est différente, plus sereine », ajoute Isabelle Frochot. Ce mois ne connaît pas l’effervescence des mois précédents, offrant une atmosphère plus relaxante. Les vacanciers espèrent également une météo plus clémente, après un été marqué par des épisodes de chaleur extrême, des incendies et des orages.
Une étude Ipsos réalisée en mai 2025 révèle que 37 % des Français préfèrent désormais partir en vacances en septembre, tandis que 32 % optent pour juin et juillet, et 35 % pour août. Dominique Lecea souligne que cette tendance, bien que déjà présente, se renforce et pourrait s’installer durablement. Les prévisions de fréquentation pour cette année annoncent une augmentation de 15 %.
Isabelle Frochot note également que certaines destinations touristiques mettent en place des campagnes de promotion axées sur l’automne. « La Côte d’Azur, par exemple, parvient à bien se commercialiser en septembre, en développant un marché ciblant principalement les seniors, dans une période plus fraîche et tranquille », explique-t-elle.
Dominique Lecea conclut en affirmant que ce que l’on appelait autrefois les « ailes de saison » tend à devenir le cœur de la saison touristique. Cela pourrait avoir des effets bénéfiques pour les professionnels du secteur, en étalant la saison et en servant d’amortisseur en période de crise. En Gironde, par exemple, un été indien pourrait compenser une saison estivale perturbée par les incendies, à condition que les septembristes répondent présents.
