France

Prisons : 89.446 détenus en France au 1er juillet, un triste record

Encore un triste record pour les prisons françaises. Selon les statistiques du ministère de la Justice consultées vendredi par l’AFP, la population carcérale s’élevait à 89.446 détenus au 1er juillet, un chiffre sans précédent. En l’espace d’un an, le nombre de détenus a augmenté de 5,3 %, ce qui représente près de 4.495 personnes supplémentaires.

Le total des places opérationnelles était de 63.289, tandis que le taux global de suroccupation atteignait 141,3 %. En raison du manque de lits disponibles, 7.890 matelas étaient installés au sol, soit une augmentation de 35,4 % par rapport au 1er juillet 2025. Dans les maisons d’arrêt, qui accueillent notamment les personnes condamnées à de courtes peines et celles en attente de jugement, la densité carcérale s’élevait à 174,5 %.

Cette situation suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels du secteur. Les surveillants et directeurs de prison alertent régulièrement sur les difficultés rencontrées par le système pénitentiaire. Fin janvier, le Conseil de l’Europe a dénoncé l’état des prisons françaises et a mis en garde contre le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain », en évoquant la surpopulation, l’insalubrité et les violences.

Début juillet, Dominique Simonnot, Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, a déploré l’absence de « mesure d’envergure nationale » depuis près de trois ans pour freiner la hausse continue du nombre de détenus. Elle a également estimé que « la construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l’absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines ».

Le ministère de la Justice prévoit l’ouverture de 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié devrait être opérationnelle d’ici 2027. À ce jour, moins d’un tiers des 15.000 places prévues dans le cadre du plan national lancé en 2018 ont été livrées.

Dominique Simonnot a enfin souligné que « les dispositifs d’aménagement de peine et les alternatives à l’incarcération, bien qu’indispensables, demeurent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en œuvre restrictives ». Selon les chiffres de 2025 du Conseil de l’Europe, la France figure parmi les pays européens les plus touchés par la surpopulation carcérale, à égalité avec la Turquie, devant la Croatie et l’Italie.