
Primaire de la gauche : alliance avec LFI, Ukraine et Israël, les candidats s’affrontent
Le premier débat télévisé de la primaire de l’espace social-démocrate a surtout mis en évidence des lignes de fracture entre cinq candidats sur l’Ukraine, Gaza et la stratégie à adopter face à La France insoumise. Diffusé mercredi sur LCI, il a opposé Ségolène Royal, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, dans un contexte où la gauche cherche encore à clarifier ses alliances et ses positions internationales.
Des divergences nettes sur l’Ukraine
La guerre en Ukraine a donné lieu à l’un des échanges les plus vifs. Ségolène Royal a défendu l’idée d’une négociation avec la Russie, tout en disant vouloir aider l’Ukraine à obtenir une paix durable. Raphaël Glucksmann a rejeté cette approche, estimant que Vladimir Poutine n’avait pas l’intention de négocier avec les Européens et qu’il fallait au contraire soutenir la résistance ukrainienne. Jérôme Guedj a, de son côté, reproché à l’ancienne candidate à la présidentielle un manque de clarté sur ce dossier.
Gaza, antisémitisme et usage du mot « génocide »
Le conflit israélo-palestinien a aussi provoqué des tensions. Ségolène Royal a affirmé que la progression de l’antisémitisme ne devait pas être attribuée à Israël, mais aux dirigeants actuels du pays, et elle a appelé à davantage de prises de parole israéliennes et juives sur ce qui se passe à Gaza. Jérôme Guedj a jugé cette formulation problématique, estimant qu’elle revenait à faire porter aux Juifs une responsabilité liée au gouvernement israélien. Raphaël Glucksmann a également contesté cette approche, en soulignant le risque d’amalgames. Sur le terme « génocide », Olivier Faure s’est montré favorable à son emploi pour qualifier la situation à Gaza, tandis que Raphaël Glucksmann s’y est opposé. Faure a expliqué que ce mot avait, selon lui, un poids politique utile pour dénoncer les violences en cours.
LFI, principal point de rupture à gauche
La question des relations avec La France insoumise a constitué l’autre grand axe du débat. Jérôme Guedj a critiqué Olivier Faure pour l’alliance conclue avec LFI lors des législatives anticipées de 2024. Le premier secrétaire du Parti socialiste a répondu qu’il n’existait pas de gauche irréconciliable et a appelé ses concurrents à ne pas se focaliser sur LFI, mais sur l’extrême droite. Ségolène Royal a tenu un raisonnement proche, estimant que l’hostilité répétée envers LFI renforçait sa place dans le jeu politique. À l’inverse, Raphaël Glucksmann a fermé la porte à toute alliance, à la présidentielle comme aux législatives, et a jugé que Jean-Luc Mélenchon ne pouvait pas rassembler suffisamment pour être élu.
Ce qu’il faut retenir
- Le débat de la primaire social-démocrate a mis en avant des désaccords sur l’Ukraine, Gaza et les alliances à gauche.
- Ségolène Royal, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont affiché des positions divergentes sur LFI et sur le conflit israélo-palestinien.
- La Cour d’appel de Paris a rejeté mercredi la demande du député Philippe Brun d’être réintégré à la primaire.
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