France

Présidentielle 2027 : Matthieu Pigasse se déclare « prêt » pour la gauche radicale

Matthieu Pigasse se dit « prêt » à être la « solution » à gauche et prône « une gauche radicale de gouvernement » avec une augmentation du smic de 20 %, portant le salaire minimum à 1.773 euros net. Il affirme que « la gauche peut gagner, encore faut-il qu’elle le veuille ».

« Il est nécessaire d’entendre le besoin de radicalité qui émerge dans la société », déclare Matthieu Pigasse. Le banquier d’affaires, entrepreneur et dirigeant de presse envisage-t-il une candidature à la présidentielle ? Dans un entretien accordé à l’AFP, Matthieu Pigasse se dit « prêt » à être la « solution » à gauche, autour d’un projet radical. « Je viens de la social-démocratie, mais cela ne suffit plus », affirme celui qui a collaboré avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius à Bercy à la fin des années 1990, sous les gouvernements de Lionel Jospin.

« Il faut mettre un terme à la politique de l’offre », instaurée par Emmanuel Macron durant dix ans, soutient-il tout en plaidant pour « une gauche radicale de gouvernement » et un « projet crédible de transformation en profondeur ». Cela se traduirait notamment par une augmentation du smic de 20 %, portant le salaire minimum à 1.773 euros net, soit un niveau supérieur à ce que proposent, par exemple, La France insoumise.

Une « gauche radicale » mais pas une gauche Insoumise

« Il faut à la fois gérer et transformer. Comme Jospin l’a fait avec des réformes majeures telles que la CMU (couverture maladie universelle) et les 35 heures, ainsi qu’un taux de croissance et une gestion des finances publiques jamais égalés », précise le dirigeant de Radio Nova, qui mène déjà une « bataille culturelle » contre l’extrême droite avec ses médias. Cela suffit-il à le rapprocher des Insoumis et de Jean-Luc Mélenchon, lui qui est à la tête de festivals de musique comme Rock-en-Seine, We Love Green et les Eurockéennes de Belfort, et qui affirme « admirer » le président brésilien Lula ? « Contrairement à LFI, je suis un Européen convaincu et je ne pense pas qu’il faille sortir du nucléaire. Et s’il est essentiel d’entendre le besoin de radicalité, il est aussi nécessaire d’apaiser et de rassembler », nuance-t-il.

« Pour moi, la sécurité est une préoccupation réelle, une valeur de gauche. Le libéralisme repose sur l’insécurité, tant économique que physique. La mission de la gauche est précisément de protéger les plus vulnérables », développe-t-il, en proposant notamment le rétablissement de la police de proximité, instaurée par Lionel Jospin et supprimée par Nicolas Sarkozy.

Futur candidat ou soutien de poids ?

« Si la solution passe par moi, je serai prêt. Si cela doit passer par une autre personne, je mettrai toute mon énergie pour l’aider », précise l’intéressé. Reste à voir si son statut d’homme d’affaires multimillionnaire, bien qu’il défende le partage des richesses, pourra séduire l’électorat de gauche. « Comment peut-on réformer le système sans le connaître ? Je n’ai rien hérité. J’ai tout construit par moi-même », rétorque Matthieu Pigasse, visiblement agacé.

« Un homme de gauche qui n’est pas passé par l’entreprise est jugé déconnecté. Et lorsqu’il vient de l’entreprise, comme moi, on dit qu’il n’est pas sincère. J’ai toujours placé mes valeurs au-dessus de mes intérêts, et mes engagements sont le fruit de mes expériences professionnelles », se défend celui qui a été désigné pour restructurer la dette du Venezuela, après avoir déjà dirigé la restructuration des dettes de l’Argentine, de la Grèce et de l’Ukraine.

« La gauche peut gagner, encore faut-il qu’elle le veuille »

En attendant, il affirme « travailler avec une équipe », mais admet ne pas avoir encore fondé d’association de financement, première étape avant toute campagne présidentielle. Car la candidature de celui que son entourage décrit provisoirement comme un « recours » n’est pas encore évidente. La non-qualification de Lionel Jospin au second tour de l’élection présidentielle de 2002, un véritable traumatisme à gauche, « je l’ai vécue dans ma chair », assure-t-il. « Il faut être uni pour gagner. Je ne veux pas être un candidat de plus dans un paysage fragmenté », explique-t-il.

L’union, oui, mais avec qui ? « Mélenchon est sur sa propre trajectoire », note Matthieu Pigasse. En revanche, il souligne que « le Parti socialiste doit jouer un rôle moteur et l’assumer », tout en déplorant la ligne trop centriste du leader de Place Publique, Raphaël Glucksmann, et son refus de participer à la primaire de la gauche. « La gauche peut gagner, à condition qu’elle le veuille », conclut-il.